Dossier spécial Karumag

SNR : précieux métaux

Jean-Régis Biales, gérant de SNR.

Depuis 1984, SNR collecte, traite et expédie les métaux ferreux, les métaux non ferreux et les batteries. Un métier qui a largement évolué depuis ses débuts. De l’image de ferrailleur, l’entreprise de recyclage est passée à celle d’un expert incontournable du recyclage.

Par Jean-Paul Rivière

« Nous rachetons tous les métaux non ferreux, cuivre, aluminium, bronze, zinc, inox et autres. » indique Jean-Régis Biales, le gérant. Pour exemple, 3 tonnes d’aluminium arrivent quotidiennement sur le site, et annuellement, ce sont 20 000 tonnes de métaux qui passent par SNR puis qui sont réexpédiés. Les métaux sont collectés dans les bennes des déchetteries des communautés d’agglomération pour les déchets ménagers. D’autres, grâce à une myriade de petits collecteurs-chiffonniers qui défilent tous les jours pour vendre quelques kilos ramassés çà et là. De plus en plus de professionnels du BTP viennent également livrer leurs déchets de cuivre, laiton aluminium et ferrailles. Tous ces métaux sont triés, traités et broyés selon un process que seul SNR a mis en œuvre en Guadeloupe. « Le tri est essentiellement mécanisé. Une cisaille hydraulique déchiquète les pièces métalliques et les débris obtenus passent sur des tapis de tri. Des aimants magnétiques permettent de rejeter tout ce qui est non ferreux. » Ensuite des containers sont remplis des chips de métal obtenues et sont expédiés. En France, il y a 3 cisailles rotatives de traitement comme celle de SNR.

Les produits finis partent ensuite en fonderie. Le marché international est côté à Londres, au London Metal Exchange. Les prix fluctuent au gré de l’offre et de la demande. Une contrainte majeure est l’éloignement qui peut faire varier les prix selon les destinations et la propre capacité de traitement des acheteurs. Ainsi 12 000 tonnes sont expédiées chaque année. Depuis sa création, SNR voit les quantités de déchets augmenter régulièrement. « On est plus fin dans la sélection, les circuits de collecte ou d’apports volontaires sont plus nombreux. »

La seule cisaille rotative des Antilles

6 à 8000 VHU sont générés chaque année en Guadeloupe. Le protocole de leur traitement est standardisé. A l’arrivée du véhicule, les polluants, huiles, carburant, filtres et frigorigènes, ou les vitres et pneumatiques sont retirés. Le broyeur va déchiqueter la carcasse comme tous les autres métaux. SNR est agréé pour collecter et réexpédier les batteries que la société rachète. Ces batteries qui fournissent du plomb sont conditionnées et réexpédiées telles quelles vers les centres de traitement. 1700 tonnes sont ainsi expédiées chaque année.

L’image du centre de recyclage est encore trop souvent associée à celles des ferrailleurs. Mais il y a une transition culturelle qui s’est opérée depuis quelques années. Les centres se modernisent et accèdent à des agréments. Le terrain de l’exploitation, de plus de 4000 m2 décline doucement vers le fond de la zone de traitement. Cela permet de récupérer les eaux de ruissellement souillées, de les faire passer dans un bac de décantation avant de les livrer au réseau d’assainissement. Cette opération est régulièrement contrôlée par la DEAL (Direction de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement).

Il faut une véritable synergie entre les différents acteurs de la filière pour traiter les différents déchets métalliques. Bien sûr, SNR est soumis à une réglementation très stricte. « En 1984, on ne nous prenait pas très au sérieux. Aujourd’hui, nous sommes un centre de traitement indispensable. Les déchets métalliques sont considérés comme une réelle matière première secondaire et il y a une vraie conscience de leur nocivité si on les laisse dans la nature. Cette, question, personne ne se la posait avant, » aime à répéter Alain Montjean, le responsable administratif de SNR. « C’est une économie qui génère des emplois, 20 salariés chez SNR, sans compter les transporteurs et les divers collecteurs. Le changement est en cours depuis le dernier Grenelle de l’Environnement. Au niveau endogène, nous faisons de plus en plus de tri et on peut penser que les plastiques venant de VHU pourront être recyclés en Guadeloupe. Nous misons sur 95 % de recyclage. Sur le plan exogène, la législation en place donne des directions pour poursuivre les innovations et réaliser les grands objectifs en matière de gestion environnementale. »

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