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L’assainissement non collectif, une bombe à retardement ?
Dossier spécial

L’assainissement non collectif, une bombe à retardement ? 

La majeure partie des boues issues de l’assainissement non collectif atterrit dans la nature. 

Éléments d’explication avec Jean-Marc Ampigny, gérant de la société Essainia.

Par Marie Ozier-Lafontaine

Les chiffres font froid dans le dos.

Chaque année, sur les 120 000 tonnes de boues issues de l’assainissement non collectif (ANC), 80 % ne sont pas traitées. C’est dire si la question de l’assainissement est prégnante en Martinique.

Pour préserver la santé des Martiniquais, mais aussi préserver notre environnement, il convient d’agir. Et vite.

Heureusement, des solutions existent, comme l’affirme Jean-Marc Ampigny, gérant de la société Essainia.

80% des boues issues de l’ANC atterrissent tôt ou tard dans la nature. Comment est-ce possible ?

Jean-Marc Ampigny : En Martinique, selon les chiffres officiels, 60% de l’assainissement est non collectif, ce qui représente environ 120 000 tonnes de boues générées par an, provenant des fosses septiques des maisons individuelles et des micro-stations d’épuration des lotissements. C’est colossal !

Malheureusement, les habitants des quelques 78 000 foyers disposant de fosses septiques, trop peu informés, n’ont pas toujours le réflexe de vidanger leur installation. La plupart ignore que c’est une obligation réglementaire !

Il faut noter que l’excès de boue d’une fosse septique peut se déverser dans la nature sans que les habitants ne s’en aperçoivent…

Autre élément d’explication : l’achat et l’entretien d’un système d’ANC représentent une dépense importante pour chaque foyer.

Des solutions d’accompagnement sont donc à imaginer, car il s’agit d’une nécessité à l’échelle de notre territoire.

Que deviennent les 20% de boues restantes de l’assainissement non collectif ?

Elles sont collectées par les vidangeurs agréés par la Préfecture, qui ont l’obligation de les acheminer vers les deux centres de traitement agréés (un sur le territoire de la CACEM et un sur le territoire de Cap Nord).

Ils traitent à eux deux 8 700 tonnes des déchets, soit 33% de la quantité totale des boues collectées. C’est bien sûr très insuffisant. 

Quelles sont les conséquences de cette situation ?

Les boues non collectées atterrissent dans la nature et polluent nos cours d’eau, notre littoral et nos terres.

L’environnement tout entier est impacté, avec de nombreuses conséquences :

  • En premier lieu, sur notre santé, car les matières fécales sont responsables de la transmission de maladies infectieuses.
  • En deuxième lieu, sur notre agriculture, car les zones d’assainissement non collectif sont surtout situées en zone péri-urbaine et rurale.
  • Et bien sûr sur notre économie, avec un risque de dégradation de notre image auprès des touristes, si rien n’est fait.

C’est donc un problème majeur à tous les niveaux ! 

Il y a donc urgence. Quelles solutions proposez-vous ?

Nous devons rapidement augmenter notre capacité de collecte et de traitement des boues issues de l’ANC.

Pour cela, il est urgent d’informer massivement les Martiniquais sur la question de la vidange régulière de leurs fosses septiques.

Je sais qu’il s’agit désormais d’une priorité pour les élus, qui réfléchissent à la structuration de la filière et à la mise en place de nouveaux dispositifs d’aides financières pour l’entretien des systèmes d’ANC.

D’un point de vue économique, le secteur du traitement des boues est vecteur de développement, en termes d’emploi et de savoir-faire. Il faut savoir que ces matières peuvent être traitées et recyclées en compost et en eau industrielle.

C’est d’ailleurs la solution innovante qu’a mis en place Essainia. Un cercle vertueux est donc possible !

ESSAINIA
0596 42 69 60
www.essainia.fr

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