23 millions
C’est le montant que l’on retrouve sur une des lignes de dépenses des Forces armées aux Antilles (FAA), pour l’année 2026.
23 millions
C’est le montant que l’on retrouve sur une des lignes de dépenses des Forces armées aux Antilles (FAA), pour l’année 2026.
Les ressources militaires dans notre bassin géographique comptent plusieurs milliers de personnes, des véhicules et des bases. Les répercussions de la vie de tout ce beau monde peuvent se mesurer à différentes échelles. Il y a les spectaculaires saisies de drogue (avec photo de ballots de cocaïne et de militaires masqués), les opérations de coopération régionale (essentielles à la doctrine militaire française), l’entraînement à l’assistance de la population en cas de catastrophe (le cœur de la mission du 33e RIMA par exemple). Reste la partie financière de l’iceberg que cela représente : en Martinique, 23 millions d’euros de marchés publics pour aménager, réparer, construire, adapter et mettre aux normes les bâtiments, entretenir les véhicules, réparer les centrales de climatisation, équiper les cuisines, nourrir les troupes, etc. 40 millions en 2027. Une coquette somme, capable de venir dynamiser les carnets de commandes de toute une série d’entreprises locales, spécialisées dans le bâtiment (tous corps d’état), les travaux neufs et réhabilitation, la maintenance du bâtiment, la maîtrise d’œuvre, l’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO) et les études préliminaires.
Si les entrepreneurs locaux peinent encore, à ce jour, à capter ces marchés « par manque d’information sur les procédures, les projets concrets ou les modalités d’accès », pointe la Chambre de commerce et d’industrie de Martinique, cela peut s’apprendre. La preuve avec les services consulaires dédiés pour permettre aux TPME d’envisager sérieusement cette option et de se qualifier pour ces marchés encadrés. Mieux, à regarder de plus près les troupes installées au fort Desaix ou celles qui circulent dans les couloirs du porte-hélicoptères Dixmude, en escale en mai, on apprend que les interactions salutaires entre l’armée et la population civile ne s’arrêtent pas là. Aux opportunités de business, s’ajoute une opportunité d’engagement pour les salariés de toutes les entreprises du territoire. Ils sont 600 réservistes aux Antilles, 480 en Martinique et 120 en Guadeloupe. Des hommes et des femmes qui viennent exercer en moyenne 35 jours dans l’année au sein des FAA, qui en tant que comptable, qui en tant que conducteur de poids lourds, etc. Chacun sa spécialité, son planning, et pour chacun une manière de trouver un nouvel engagement professionnel et participer en fait à renforcer le lien armée-nation. Ou comment se rappeler que nous sommes tous sur le même bateau, avec le même cap.