Chikungunya : la lutte s’organise en Guyane

Depuis janvier 2026, la menace du chikungunya pèse à nouveau sur la Guyane. Avec seulement 16 à 17 % de la population immunisée contre le virus, le risque d’une épidémie importante est élevé. Le nouveau directeur de l’Agence Régionale de Santé Guyane, Bertrand Parent, nous livre son plan d’action.

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Chikungunya : la lutte s’organise en Guyane

Depuis janvier 2026, la menace du chikungunya pèse à nouveau sur la Guyane. Avec seulement 16 à 17 % de la population immunisée contre le virus, le risque d’une épidémie importante est élevé. Le nouveau directeur de l’Agence Régionale de Santé Guyane, Bertrand Parent, nous livre son plan d’action.

Thomas Thurar

Êtes-vous inquiet de la résurgence du chikungunya en Guyane ? 

Le chikungunya est une maladie invalidante avec des douleurs persistantes. Malheureusement, il peut y avoir des formes graves nécessitant une hospitalisation chez les plus fragiles : les très jeunes enfants, les personnes de plus de 65 ans et celles atteintes de comorbidités, c’est-à-dire souffrant de plusieurs pathologies. Depuis la détection du premier cas de chikungunya, fin janvier, 1 857 cas* ont été biologiquement confirmés en Guyane. Le nombre d’infections marque un recul dans l’Ouest, région par laquelle le virus est arrivé. Ce sont désormais l’Île de Cayenne et le plateau des Savanes qui voient le virus se déployer de façon plus soutenue. Ce déplacement du virus dans ces régions pourrait générer des tensions aux urgences de Cayenne et Kourou. À ce jour, plus de 325 cas probables ou confirmés de chikungunya ont été hospitalisés*.

Bertrand Parent‌, Directeur de l’Agence Régionale de Santé Guyane © Mathieu Delmer

Quelle est votre stratégie de lutte contre cette nouvelle épidémie ?

En matière de lutte antivectorielle, les actions mécaniques menées restent essentielles. En revanche, l’efficacité des pulvérisations chimiques est limitée à 20 % en raison de la résistance des moustiques. Nous avons donc ajouté le vaccin aux moyens de lutte. Les deux vaccins disponibles, Ixchiq et Vimkunya, sont gratuits et délivrés sur ordonnance, sans que la carte Vitale ne soit nécessaire. Ces deux vaccins sont recommandés par la Haute Autorité de Santé. Nous menons également des campagnes de communication auprès de la population, et des opérations de sensibilisation au sein des écoles avec l’aide de l’Éducation Nationale. Dans l’Ouest, nous avons mis à contribution les véhicules équipés de haut-parleurs pour diffuser plus largement les messages de prévention. Des tracts et des spots radio avec des messages multilingues sont diffusés.

Les Ultramarins sont plutôt réticents à la vaccination. Comment les inciter à recourir aux vaccins ? 

La vaccination constitue un moyen efficace de lutter contre le virus et de réduire le risque de formes graves. Notre objectif n’est pas de culpabiliser ou de contraindre les Guyanais, mais de leur fournir une information claire et transparente. Les deux vaccins reposent sur des principes éprouvés. Nous voulons rétablir le dialogue et la confiance. L’ARS a fait l’acquisition de 4 300 doses et nous veillerons à avoir en permanence au moins 2 000 vaccins disponibles sur le territoire. À ce jour*, 1 308 doses de vaccin ont été administrées. Une dose coûte 150 à 190 euros, acheminement inclus. Avec la mise à disposition gratuite de ces vaccins, l’ARS montre sa détermination et son engagement financier. 

Quelles sont les recommandations pour ces deux vaccins ?

La Haute Autorité de santé (HAS) recommande l’utilisation du vaccin Vimkunya (vaccin non vivant) à toutes les personnes de 65 ans et plus, et aux personnes de 12 à 64 ans avec comorbidités. En Europe, ce vaccin est administré depuis plusieurs mois aux touristes visitant des zones à risque, à hauteur de 15 000 doses par mois. Ces chiffres permettent d’avoir un recul sur son efficacité. Pour les personnes âgées de 18 à 64 ans, Ixchiq et Vimkunya peuvent être proposés. Les données dites de vigilance indiquent que ce sont des vaccins bien tolérés, qui génèrent très peu d’effets secondaires et dont l’efficacité est démontrée.

*Chiffres au 10 septembre 2026

Où se faire vacciner ?

  •  Chez son médecin. 
  • Directement en pharmacie. 35 pharmacies sont actuellement conventionnées pour délivrer le vaccin. 
  • Auprès des infirmiers ou sages-femmes formés. 
  • Dans les centres de vaccination et structures de santé : centres de vaccination de la Croix-Rouge française, centres de santé (CDPS) pour les communes de l’intérieur, hôpitaux…