CTG : La formation professionnelle, moteur des transitions et de l’inclusion en Guyane
À l’heure où les sociétés sont confrontées à des transitions profondes – écologiques, numériques, énergétiques et sociétales – la formation professionnelle apparaît plus que jamais comme un levier stratégique d’adaptation, de cohésion sociale et de développement durable. Ces mutations imposent aux territoires de repenser leurs politiques publiques afin d’anticiper les besoins de demain tout en veillant à ne laisser personne de côté.
Karine Cresson-Ibris, vice-présidente déléguée à l’emploi, l’insertion et la formation professionnelle © CTG
CTG : La formation professionnelle, moteur des transitions et de l’inclusion en Guyane
À l’heure où les sociétés sont confrontées à des transitions profondes – écologiques, numériques, énergétiques et sociétales – la formation professionnelle apparaît plus que jamais comme un levier stratégique d’adaptation, de cohésion sociale et de développement durable. Ces mutations imposent aux territoires de repenser leurs politiques publiques afin d’anticiper les besoins de demain tout en veillant à ne laisser personne de côté.
Anticiper les métiers et les compétences de demain
La formation ne peut plus se limiter à transmettre des savoir-faire techniques. Un des principaux défis est d’anticiper les évolutions des métiers et des compétences. La transformation des secteurs économiques, sous l’effet de la transition écologique ou de la révolution numérique, entraîne l’émergence de nouveaux métiers mais également la mutation profonde des emplois existants.
Il est indispensable d’identifier les besoins futurs des territoires et des entreprises, et de définir les compétences clés permettant d’accompagner les transitions. La CTG, avec ses partenaires (les filières elles-mêmes, les OPCO, l’OREF-CARIF, les différents observatoires, etc.), porte une démarche prospective permettant d’adapter l’offre de formation aux réalités économiques locales et de sécuriser les parcours professionnels des apprenants face aux mutations du marché du travail.
Intégrer les transitions au cœur des parcours de formation
Les enjeux écologiques, numériques et sociétaux doivent être intégrés de manière transversale dans les parcours de formation. L’objectif est double : répondre aux besoins émergents des entreprises tout en préparant les apprenants à évoluer dans une société en transformation. La formation professionnelle devient alors un espace d’innovation pédagogique capable de développer des compétences adaptées aux réalités contemporaines.
Il faut sensibiliser les futurs professionnels aux défis environnementaux, aux usages responsables du numérique, à la sobriété énergétique ou encore aux nouvelles formes d’organisation du travail. Cette évolution est essentielle pour permettre aux entreprises de renforcer leur compétitivité et en répondant aux exigences croissantes de durabilité et de responsabilité sociale.
La transition juste : concilier écologie et équité sociale
Cependant, les transitions ne pourront être pleinement réussies sans une prise en compte forte des enjeux sociaux. Comme le rappelle le principe de la « transition juste », il ne peut y avoir de transition écologique et énergétique sans transition sociale. C’est particulièrement une réalité en Guyane, marquée par de fortes disparités sociales et territoriales. Une part importante de la population fait face à des difficultés d’accès à l’emploi, à la mobilité, aux services essentiels ou encore à des solutions de consommation plus durables.
Une transition juste implique d’associer les citoyens, les collectivités, les entreprises et les acteurs de la formation afin de construire des solutions partagées et durables.
Faire des transitions un levier d’inclusion sociale
Pour que les transitions deviennent de véritables opportunités d’inclusion sociale et de développement territorial, il est nécessaire de mettre en place des mécanismes économiques permettant aux populations de devenir pleinement actrices de leur développement et de s’épanouir à travers l’activité économique. Une économie inclusive garantit à chacun l’accès aux biens et services essentiels tout en offrant la possibilité de contribuer activement à la vie économique.
La formation professionnelle permet notamment d’accompagner les publics les plus éloignés de l’emploi vers de nouvelles opportunités professionnelles liées aux transitions : métiers de l’économie verte, services de proximité, numérique, artisanat local, transition énergétique ou encore économie sociale et solidaire.
Maripa-Soula : un territoire laboratoire de la transition inclusive
Parmi les sept communes isolées ou enclavées de Guyane, Maripa-Soula fait face à des difficultés structurelles qui traduisent les fortes inégalités sociales et territoriales du territoire.
Dans le cadre du programme Guyane Révélée, la collaboration renforcée entre la municipalité de Maripa-Soula – qui accueillera l’un des quatre sites pilotes pour la construction des 13 villages d’inclusion prévus – et la Collectivité territoriale de Guyane (CTG) ouvre des perspectives prometteuses.
L’objectif est de faire de Maripa-Soula un incubateur d’une économie plus inclusive, capable de concilier développement local, transition écologique et montée en compétences des habitants. Cette dynamique permettra à la CTG de matérialiser concrètement sa politique d’accompagnement des transitions par la formation. Cela commence par : un plan de développement des compétences dans les métiers sanitaires et sociaux, les conseillers en insertion et les métiers favorisant le développement des filières environnementales, énergétiques et numériques, la réhabilitation de l’ancien Centre régional d’orientation et de formation (CROF) de Maripa-Soula pour accueillir la Division de développement local (DDL) et les formations durant la construction du Village d’inclusion de Maripa-Soula.
En conclusion, il me tient à cœur de réaffirmer le rôle central de la formation professionnelle comme levier d’émancipation, d’adaptation et de performance durable face aux mutations. la formation apparaît comme un outil essentiel pour anticiper les besoins de demain.
Plus qu’un simple dispositif d’apprentissage, elle constitue désormais un véritable projet de société, invitant l’ensemble des acteurs – collectivités, entreprises, organismes de formation et citoyens – à innover, coopérer et construire ensemble des réponses durables aux défis actuels et futurs.