Depuis plus de quarante ans, l’association des Moyennes et Petites Industries (MPI Guyane) représente un secteur, qui, hors spatial, génère 11% de la valeur ajoutée en Guyane et 13% des salariés.

Panorama avec Lionel Loutoby, délégué général des MPI Guyane.

Propos recueillis par Aurore Portelli

Quelles sont les missions des MPI Guyane ?

Lionel Loutoby : L’association fédère près d’une centaine d’entreprises industrielles dans divers secteurs d’activités :

  • travail des métaux
  • matériaux de construction
  • chimie/matière plastique
  • imprimerie/sérigraphie
  • agroalimentaire
  • première et seconde transformation du bois
  • énergies
  • secteur aurifère

Ses principales missions sont :

  1. Défendre les intérêts des industriels de Guyane
  2. Promouvoir l’industrie locale auprès des consommateurs
  3. Mutualiser des moyens
  4. Contribuer à l’amélioration des performances des entreprises. 

Comment définiriez-vous l’industrie de la Guyane ?

« La Guyane se singularise par ses industries aurifères et forestières qui constituent historiquement deux piliers de son développement industriel. »

Vient s’ajouter l’agro-industrie.

On assiste aussi à une forte progression de la production métallique et métallurgique, et de biens d’équipements.

Nous ne couvrons pas encore les besoins du marché et devons faire face à la concurrence de produits importés à bas coûts.

Enfin, la Guyane abrite une industrie de taille : le port spatial européen.

Quels sont les défis de cette industrie locale ?

Dans l’immédiat, l’industrie guyanaise doit surmonter les effets néfastes de la réforme des dispositifs d’aides aux entreprises en Guyane.

En effet, la réforme de la LODEOM (Loi d’orientation pour le développement de l’Outre-mer) pénalise ce secteur en pleine structuration.

Pour développer l’industrie locale, nous avons besoin d’un cadre stable et suffisamment avantageux pour attirer des investisseurs et poser les conditions d’une meilleure compétitivité face aux importations.

Aussi, si l’utilité de l’octroi de mer n’est plus à démontrer pour développer l’industrie locale et créer de l’emploi, nous devons constamment défendre ce dispositif.

Par ailleurs, la taille réduite de notre marché constitue un handicap pour le développement de nos industries.

Il nous faut donc partir à la conquête de nouveaux marchés compétitifs. 

Enfin, sur ce territoire d’Amazonie, poumon vert de la planète, il est indispensable de trouver le juste équilibre pour permettre à l’industrie guyanaise de se développer en valorisant ses ressources naturelles de manière durable.

« L’enjeu : créer un exemple de développement industriel raisonné en milieu amazonien. »

Pour cela, nous devons tous ensemble inventer l’industrie amazonienne durable !

Quelles sont vos prochaines priorités d’action ? 

Nous travaillerons sur :

  • des dossiers techniques (octroi de mer, dispositifs d’aides aux entreprises)
  • des actions plus visibles en direction du grand public, telles que le salon Made In Guyane début décembre ou encore la diffusion de spots vidéos pour mieux faire connaître la production locale, notamment aux jeunes.

En interne nous multiplierons les rencontres et formations à l’attention de nos adhérents.

Quelles sont à votre avis les grandes tendances à venir ?

Tout d’abord, une montée en gamme de l’industrie guyanaise, qui propose des produits de très grande qualité mais aussi une véritable diversification et différenciation de l’industrie guyanaise à l’instar de la transformation de produits typiquement amazoniens.

C’est le cas notamment des fruits des palmiers (wassaï, comou, parépou). 

« L’industrie guyanaise dévoile peu à peu son visage amazonien ! En cultivant cette originalité, nul doute qu’elle parviendra à trouver de nouveaux débouchés à l’export. »

MPI Guyane – Zone Collery 1
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