S’adapter à la crise et se préparer à la prochaine grâce au numérique 

EWAG

La crise sanitaire aura non seulement eu un effet dévastateur sur la santé de nos populations, mais également marqué un coup d’arrêt à l’activité économique et impacté la façon dont nous vivons et consommons.

Par MartiniqueTech

Afin de trouver collaborativement des solutions à la situation actuelle et permettre à notre société de rebondir au plus vite, l’organisation MartiniqueTech s’est rapidement penchée sur la mise en place d’un Hackathon civique et a lancé une étude en ligne pour prendre le pouls de la population. 

Selon les premiers résultats de cette étude (au 2 avril 2020) cherchant notamment à savoir quelles sont les problématiques les plus préoccupantes pour la population, on retrouve ainsi :

  • Les problèmes liés à la perte de revenus – 34%
  • Les problèmes liés à la nourriture – 26%
  • Les problèmes liés à la santé – 22%
  • Les problèmes liés au divertissement – 17%
  • Les problématiques liées aux enfants – 14%

Les technologies et le numérique peuvent-ils permettre d’apporter des solutions à ces problématiques et rendre la période de confinement plus supportable pour tous ? C’est la question que nous nous sommes posés chez MartiniqueTech.

Pour y répondre, prenons chaque axe distinctement.

1Comment le freelancing et la dématérialisation des processus permettent de faire face à la perte de revenus

Illustration freelancing

Tout un chacun, quelles que soient ses conditions physiques et sociales, peut utiliser le numérique pour générer du revenu, à condition de disposer d’un ordinateur et d’une connexion internet.

Travailler en tant que freelance, par le biais d’une plateforme de travail à distance, permet ainsi de mettre à profit ses compétences et de retrouver une activité, malgré une situation de crise locale ou globale.

A titre d’exemple, le site Kang permet de proposer ses services pour de la voix-off, et Malt ou encore Yoss sont des plateformes de mise en relation de freelance et entreprises.

Pour garantir l’accès de ces services à tous, il conviendra cependant de surmonter le défi de la fracture numérique dans nos territoires.

Les entreprises peuvent par ailleurs réduire leurs charges fixes afin d’affronter une période d’incertitude, en dématérialisant certains de leurs services. Les plateformes d’externalisation, dites BPO, permettent par exemple d’externaliser son service support.

Cependant, pour rendre possible la continuité d’activités par le numérique, l’anticipation est de mise.

Reste à nos entreprises de lancer dès maintenant la formalisation de leurs processus (quelles sont les différentes tâches, comment sont-elles réalisées) afin de pouvoir les dématérialiser et être ainsi prêtes à affronter la prochaine crise.

2Comment améliorer l’accès à la nourriture grâce aux outils numériques

Illustration nourriture

Après avoir été longtemps sous-utilisée par la population et les acteurs locaux, la livraison apparaît aujourd’hui comme un service particulièrement intéressant, d’autant plus en période de distanciation physique.

On pense notamment aux services de livraison de restaurant de Nou ka rivé ou encore de paniers de fruits et légumes de Petit Cocotier existant depuis quelques années déjà.

Au-delà de la commande de plats ou de paniers de courses en ligne, les outils numériques peuvent par ailleurs améliorer l’accès à la nourriture en utilisant la technologie des SIG, les Systèmes d’Information Géographique.

Ces technologies permettent ainsi d’établir des cartographies des bassins de vie, afin d’organiser et de créer des réseaux d’approvisionnement dans un rayon de 5 à 10 km, en fonction de la demande, des producteurs à proximité et des livreurs présents dans ce périmètre.

Dans cette organisation optimisée par les outils numériques d’analyse, le rôle de la grande distribution serait alors de mettre en place des points relais d’envergure par zone géographique, afin de réduire les déplacements ainsi que les contacts.

La place de marché de proximité est déjà inventée, les acteurs sont présents; il ne nous reste plus qu’à décider de la mettre en place, en mêlant les pratiques omnicanales* et les circuits courts tout en favorisant l’économie circulaire.

*omnicanal : se dit de l’utilisation simultanée des différents outils de communication et de vente possibles (e-commerce, smartphone, lieu de vente, click&collect, livraison…)

3Comment développer des solutions préventives dans le domaine de la santé

Illustration yoga

Les plateformes de téléconsultation médicale – notamment Clikodoc au niveau local – se sont également retrouvées sous le feu des projecteurs à la faveur de la crise du covid-19.

Aux côtés de ces solutions curatives, le numérique peut également intervenir dans des actions préventives. Par le monitoring des personnes vulnérables, en utilisant la télésurveillance notamment.

Il s’agit d’outils permettant de suivre l’activité de ces personnes à travers leur gestes de la vie courante (ouvrir son réfrigérateur, allumer le téléviseur, etc), afin d’être en mesure d’anticiper une dégradation de l’état de santé et d’organiser une prise en charge avant que des symptômes plus importants n’apparaissent.

Ces outils peuvent également permettre de savoir où se trouvent ces personnes, et ainsi pouvoir leur apporter une assistance rapide en cas de besoins; qu’il s’agisse de les soigner, de les évacuer ou tout simplement de subvenir à leurs besoins alimentaires en période de confinement.

Toujours dans la prévention, il existe également des opportunités pour utiliser le numérique afin de proposer des activités sportives à distance. La plateforme SportBoKay, développée par l’Institut Martiniquais du Sport pendant le confinement, en est un bon exemple, avec une fréquentation quotidienne de près de 1 000 participants.

4Comment maintenir les activités de divertissement à distance

Illustration enfant dans la nature

Il est possible que la crise actuelle permette à certaines activités d’être davantage proposées dans un format digital, en complément ou même pour se substituer au format en présentiel.

Des jeux d’escape room en ligne ont ainsi été créés pendant le confinement; de même que localement, une application baptisée Domino Ka Tonbé disponible sur Google Play.

Le numérique représente ainsi une opportunité d’export des activités créatives de la Martinique.

Grâce à la visioconférence, des activités comme le Fit Bèlè peuvent alors devenir davantage visibles hors du territoire. Alors que jusqu’alors le patrimoine martiniquais devait se vivre sur place, le numérique offre un potentiel énorme comme outil de découverte à distance. L’occasion toute trouvée, par exemple, de faciliter et valoriser l’accès à  la base de connaissance de la Banque Numérique des Patrimoines Martiniquais.

De même pour le secteur du tourisme, susciter l’intérêt à distance grâce au digital, faire naître l’envie de découverte, pourrait permettre la concrétisation de séjours sur l’île.

Tout comme les grandes institutions culturelles du monde ayant mis en libre accès et gratuitement leur contenu pendant le confinement, notre mission devrait être la même : rendre notre patrimoine digeste et attractif sans le galvauder, et inviter à en faire l’expérience, même à distance.

5Quels sont les avantages du numérique pour s’occuper des enfants ?

Illustration enfant dans la mer

La crise aura montré les limites de la continuité pédagogique en ligne, du fait du manque de formation des enseignants, de l’inégalité d’accès aux outils numériques, des problèmes de connectivité et des disparités d’encadrement scolaire selon le milieu familial.

De nombreuses solutions numériques existent cependant pour faire l’instruction et divertir ses enfants à la maison.

Les plateformes officielles de télé-enseignement (l’ENT Colibri de l’Education Nationale, Ma Classe à la maison du CNED, Manuels Nathan), les cours en ligne (Maxicours, Kartable), ou les séances personnalisées de soutien scolaire notamment.

La télévision propose des contenus de qualité tels que le programme Educ’Arte, les documentaires de France 5 ou La maison Lumni de France 4, un programme de cours disponibles en replay sur tablette, ordinateur ou smartphone.

Il existe par ailleurs des solutions de vidéo-babysitting pour les enfants dont les parents télétravaillent, des cours particuliers de musique en visioconférence, des spectacles en ligne (sur le site de Tropiques Atrium), des vidéos de loisirs créatifs, des sites pour initier les plus jeunes à la programmation (Hourofcode), créer un blog, créer des histoires (Creative Stories) ou en écouter (chaîne YouTube de Benzo le conteur).

Ou comment ne plus percevoir l’écran négativement et en tirer partie pour participer au développement de ses enfants.

Il y a fort à parier qu’une fois la crise passée, des entreprises et institutions reprendront leurs habitudes sans avoir essayé de s’adapter et de s’améliorer; alors même que ce moment que nous traversons est une opportunité inespérée de se poser, prendre le temps de la réflexion et mettre en place les mesures nécessaires afin d’être mieux préparés pour la prochaine crise. Et de pouvoir toujours mieux satisfaire ses clients.

Il est de la responsabilité de chacun de forcer l’évolution, l’amélioration du quotidien et de prévoir la prochaine difficulté en questionnant nos certitudes, tout en acceptant l’incertitude.

martiniquetech.com
FB @MartiniqueTech


Cet article a été initialement publié dans l’e-magazine EWAG | Nos sociétés s’adaptent. Découvrez le magazine complet et son contenu interactif en cliquant ici.