Pour faire face à la problématique mondiale du réchauffement climatique, le SMEM participe au comité d’experts mis en place par l’État et la CTM pour la rédaction de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) qui fixe les orientations et priorités d’actions pour une production d’électricité 100 % énergie renouvelable (EnR). Le point avec Ralph Monplaisir, son président.

Texte Sandrine Chopot – Photo Jean-Albert Coopmann

Pourriez-vous nous rappeler les missions du SMEM ?

Ralph Monplaisir : Le SMEM est l’autorité organisatrice du service public de distribution de l’électricité. Il regroupe 34 communes de la Martinique et la CTM. Parmi nos missions premières figurent le contrôle des activités d’EDF sur le réseau de distribution pour vérifier qu’elles sont (ou pas) conformes aux orientations stratégiques des élus, l’installation de centrales d’énergie renouvelable, aujourd’hui une vingtaine de centrales PV (photovoltaïques) sont installées sur les toitures des bâtiments publics. Le SMEM exerce aussi des missions en termes de maîtrise de la demande en énergie comme, par exemple, l’éclairage public et l’installation de bornes de recharge de véhicules électriques.

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Justement quelles sont vos relations avec EDF ?

Le SMEM est propriétaire du réseau public dont la gestion est confiée à EDF à travers un contrat de concession qui nous lie pour 30 ans, que nous sommes d’ailleurs en train de réviser. Ce contrat de concession permet de clarifier les objectifs fixés par le SMEM à EDF pour l’amélioration et la modernisation du réseau. C’est un outil fondamental et stratégique pour la transition énergétique.

Quel est le rôle du réseau public de distribution d’électricité dans la transition énergétique ?

Compte tenu de notre situation insulaire, le 100 % EnR est un véritable challenge à relever. La Martinique est une zone non interconnectée, qui doit arriver à se suffire à elle-même pour produire à tout moment de l’année, de la journée, l’électricité nécessaire pour répondre à notre consommation. Si la PPE prévoit la liste des moyens de production qui permettrait d’arriver à ces 100 %, il reste fondamental que l’électricité produite arrive dans chaque foyer et chaque entreprise martiniquaise. C’est le rôle dévolu au réseau public ! La difficulté est d’autant plus grande sur notre territoire car les EnR que nous pouvons exploiter, à savoir l’éolien et le PV, sont des énergies intermittentes. Le réseau doit nous permettre de compenser ces contraintes pour fournir une électricité de qualité tant pour le confort des usagers que pour soutenir notre développement économique. Je compare le réseau à un centre névralgique du système électrique !

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Concrètement quelles sont les actions mises en place pour y arriver ?

Pour réussir la transition énergétique, il est indispensable de faire évoluer le réseau et d’intégrer de nouvelles technologies qui vont nous permettre de garantir cette qualité de fourniture. Nous travaillons sur deux grands axes : d’une part, amener l’intelligence sur le réseau pour optimiser les capacités de stockage et d’autre part, amener les compétences au réseau pour réduire la consommation d’énergie. Pour exemple, le programme d’éclairage public performant a permis de diminuer de 60 % en moyenne la consommation du réseau d’éclairage public au bénéfice des communes.

La transition énergétique, l’affaire de tous. Vous confirmez ?

Nous sommes en train de vivre une véritable révolution dans le domaine de la production d’électricité et surtout dans la distribution de cette électricité produite. Tous les éléments de contexte sont présents pour y arriver. Les effets seront bénéfiques non seulement pour l’environnement mais aussi en termes d’économie d’énergie et d’exploitation raisonnée des ressources. Charge à nous TOUS de faire en sorte de les agréger pour réussir la transition énergétique !

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Transition énergétique dans les Zones non interconnectées (ZNI)
À l’initiative du SMEM, en partenariat avec Le Sy.Meg (Guadeloupe), le Sidelec (Ile de la Réunion), le Smeguy (Guyane), 2 sénateurs (Catherine Conconne et Frédéric Buval) et 2 députés (Jean-Philippe Nilor et Jiovanny Wiliam), étaient réunis autour d’une table ronde le 23 avril 2024 avec EDF SEI, la FNCCR, le FACÉ, pour échanger sur l’état du réseau dans les ZNI, les enjeux et perspectives de développement.
« C’est la première fois que l’on réussit à regrouper en un seul point et sur une journée les autorités organisatrices de la distribution d’énergie (AODE) en ZNI, souligne Ralph Monplaisir. Elles ont pu exprimer leurs problématiques communes et leur volonté d’élaborer une feuille de route stratégique dans le cadre d’une démarche co-construite. Le prochain RDV est fixé en 2025 à la Réunion ! »

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