18 milliards

C’est le montant du chèque que la maison mère de Facebook et Instagram, Meta, s’est résolue à faire pour clore un contentieux avec la justice américaine. Une négociation rondement menée qui clôture un différend entre les effets addictifs des deux plateformes et la santé mentale des adolescents américains, et pour lequel Meta encourait une amende substantielle de 200 milliards de dollars.

18 milliards

C’est le montant du chèque que la maison mère de Facebook et Instagram, Meta, s’est résolue à faire pour clore un contentieux avec la justice américaine. Une négociation rondement menée qui clôture un différend entre les effets addictifs des deux plateformes et la santé mentale des adolescents américains, et pour lequel Meta encourait une amende substantielle de 200 milliards de dollars.

Mathieu Rached

Accusé d’avoir délibérément rendu les mineurs dépendants de ses réseaux sociaux, le géant américain s’est donc dit prêt du bout des lèvres et du chéquier à faire un effort. Ainsi, le grand ordonnateur du temps libre en ce début de XXIe siècle s’engage, pour les moins de 18 ans, à bloquer l’accès aux applications la nuit, suspendre les notifications pendant « les horaires d’école », et limiter à 2h par jour l’usage cumulé sur Instagram et Facebook. On croirait une recommandation de Pascal le grand frère immergé dans une famille dysfonctionnelle, obligé de redonner un cadre à un adolescent en perdition, mais soit. Mieux vaut tard que jamais.

Au-delà de la démesure des montants et de l’application salutaire du droit pour (tenter de) protéger la santé mentale de la jeunesse, on peut souligner une certaine forme de courage de forcer à ces ajustements dans une époque où ni médecin, parent ou enseignant ne réussissait à interrompre la mécanique insubmersible du scroll, like, notification. Dans une époque où tout semble voué à la surenchère, du développement à bride abattue des outils IA, en passant par les conflits armés assumés, les clivages d’opinion et la disgrâce de l’honnêteté intellectuelle, le courage pourrait être une valeur refuge. Celui-là même pour lequel on admire le général De Gaulle, et dont deux films* de trois heures sortis cette année nous rappellent que des choix courageux sont possibles et même parfois récompensés. Le courage qu’appelle aussi de ses vœux le président du Medef, Patrick Martin, s’adressant aux candidats à l’élection présidentielle de 2027, afin de créer les conditions pour protéger le tissu entrepreneurial et notre capacité à produire de la richesse. Le courage de se dire que ce qui n’est pas tout à fait normal n’est pas figé pour toujours et qu’on peut parfois créer une brèche, voire même « régler ça tous les deux en théorie et sur le terrain » comme le promettait, les yeux dans les yeux, Pascal le Grand frère. À chacun son terrain.

* La Bataille de Gaulle : L’Âge de fer, La Bataille de Gaulle : j’écris ton nom