Comment la musique permet de comprendre la Guyane d’aujourd’hui ?

Réponses courtes et précises des jeunes chercheurs et docteurs de l’université des Antilles-Guyane. Aujourd'hui, nous partons à la rencontre de Tristan Vassaux.

Tristan Vassaux © Christophe Fidole
Tristan Vassaux © Christophe Fidole

Comment la musique permet de comprendre la Guyane d’aujourd’hui ?

Réponses courtes et précises des jeunes chercheurs et docteurs de l’université des Antilles-Guyane. Aujourd'hui, nous partons à la rencontre de Tristan Vassaux.

Sarah Balay

Quel est l’intitulé de votre thèse ?

Ma thèse  s’intitule “Faire la fête, faire la musique : les musiques électroniques en Guyane française” (Laboratoire MINEA, Université de Guyane). La soutenance est prévue en décembre 2026.

Si vous deviez résumer vos travaux en une seule phrase ?

Je cherche à comprendre comment les musiques électroniques et la création par ordinateur font se rencontrer des personnes et des cultures différentes en Guyane.

Quelles sont les applications concrètes de votre étude ?

La musique est un prisme privilégié pour comprendre les dynamiques interculturelles, surtout dans un territoire aussi pluriel que la Guyane. Elle éclaire la manière dont artistes et organisateurs conçoivent les événements festifs : organisation, contraintes matérielles, accès aux salles ou réalités du territoire. La fête n’est jamais neutre : elle traduit toujours une vision du monde.

L’une des applications concrètes est mon projet de recherche-action Remix éthique. Il s’agit d’ateliers de composition musicale réunissant des artistes guyanais, dont le groupe Senuka, et des jeunes de différentes communes. L’objectif est de réutiliser des éléments du patrimoine musical traditionnel dans des créations contemporaines. Chaque atelier aboutit à un morceau, un clip diffusé sur YouTube (réalisé par Benjamin Normand) et un documentaire. Trois ateliers ont déjà été menés, dont le dernier en février 2026, à Grand-Santi, et un quatrième est prévu d’ici la fin de l’année.

Que faites-vous aujourd’hui ? 

Je partage mon temps entre la recherche, l’enseignement à l’université de Guyane et l’action de terrain avec l’AGRRR (association guyanaise de réduction des risques), qui travaille sur les consommations de produits psychoactifs. Le lien avec ma thèse est direct : parler de fête, c’est aussi aborder les usages d’alcool et d’autres drogues, et la manière de les accompagner sans jugement. 

À plus long terme, j’aimerais mener le même type de recherche-action auprès d’autres communautés autochtones dans le monde, afin de comparer les contextes et les enjeux liés à la transmission et à la revitalisation de patrimoines musicaux parfois menacés.