Les sentinelles du territoire
L’organisation d’un territoire autonome repose sur plusieurs strates complémentaires. Aux côtés des institutions et infrastructures emblématiques — hôpitaux, transports publics, aéroport, port, marina, pompiers… —, des organisations plus discrètes concourent, elles aussi, à l’équilibre de nos vies et de nos sociétés. Zoom sur 3 dispositifs, actifs sur nos territoires, qui se révèlent déterminants dans la lutte contre l’orpaillage, la veille des mouvements de la Terre et notre capacité à établir des communications en cas de catastrophes naturelles.
Anse Marcel (saint-Martin) après le passage de l'ouragan Irma, en 2017 © Multiverse/Adobe Stock
Les sentinelles du territoire
L’organisation d’un territoire autonome repose sur plusieurs strates complémentaires. Aux côtés des institutions et infrastructures emblématiques — hôpitaux, transports publics, aéroport, port, marina, pompiers… —, des organisations plus discrètes concourent, elles aussi, à l’équilibre de nos vies et de nos sociétés. Zoom sur 3 dispositifs, actifs sur nos territoires, qui se révèlent déterminants dans la lutte contre l’orpaillage, la veille des mouvements de la Terre et notre capacité à établir des communications en cas de catastrophes naturelles.
Scénario catastrophe
Mardi 2 juin 2026, un cyclone de catégorie 4 vient de balayer l’arc antillais. À la sortie du confinement, le stade 5 du plan « Cat Nat » est enclenché sur le site de la Belle Créole, à Saint-Martin. Les secours viennent de débarquer sur la zone à la recherche de victimes. Les militaires, accompagnés des membres du service territorial d’incendie et de secours (STIS), sont déployés sur le terrain pour organiser l’évacuation des blessés. Au préalable, plusieurs opérations sont menées de front : triage des blessés, dégagement des victimes des décombres et préparation du terrain pour accueillir l’hélicoptère chargé de l’évacuation sanitaire. Les opérations de dégagement du terrain sont réalisées par des personnels du régiment du service militaire adapté (RSMA). Dans le cadre de la coopération régionale et internationale, la Colombie a dépêché une section de sapeurs spécialisés dans les recherches en milieu effondré, tandis que les Pays-Bas assurent un appui maritime.
Sur le site de Happy Bay, le dispositif d’aides aux sinistrés se met, lui aussi, en place. Le poste médical avancé (PMA) est opérationnel, prêt à accueillir militaires et blessés à la demande des autorités civiles, pour une prise en charge médicale d’urgence. Sur place, des équipes de la plateforme interrégionale pour les Amériques et les Caraïbes (PIRAC) de la Croix-Rouge assurent la distribution des biens de première nécessité. Les blessés et sinistrés se compteront bientôt par milliers. Plus loin, dans une zone dédiée, des modules sont également installés pour accueillir les corps des victimes de la catastrophe.
Ce scénario est celui de l’exercice grandeur nature, baptisé CARAÏBE, organisé, tous les deux ans, par les Forces armées aux Antilles (FFA). Cette année, l’opération CARAÏBES-26, qui s’est déroulée du 17 mai au 4 juin, a réuni 2 000 participants, civils et militaires originaires de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique, de la Barbade, du Brésil, de la Colombie, des Pays-Bas, de la République dominicaine et de Trinidad-et-Tobago. Cet exercice interarmées, interministériel et interalliés, divisé en 3 séquences (la première en Martinique et en Guadeloupe ; la deuxième à Marie-Galante et la dernière à Saint-Martin), permet de travailler différentes phases de la gestion de crise à la suite d’une catastrophe naturelle.
Cyclone, tremblement de terre, pollution, épidémie… D’autres crises menacent nos côtes. Nous sommes allés à la rencontre de ceux qui œuvrent en coulisses pour préparer le pire. Reportages auprès des sentinelles du territoire.