70 ans au rythme des mutations martiniquaises
70 ans après sa création, la SIMAR relit son rôle dans l’évolution de l’habitat martiniquais et trace ses priorités : proximité, adaptation du parc et lien social.
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Jean-Luc Galy, directeur général de la SIMAR © Jean-Albert Coopmann
70 ans au rythme des mutations martiniquaises
70 ans après sa création, la SIMAR relit son rôle dans l’évolution de l’habitat martiniquais et trace ses priorités : proximité, adaptation du parc et lien social.
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Pour Jean-Luc Galy, directeur général de la SIMAR, les 70 ans du bailleur constituent « un moment fort et majeur ». L’événement permet de relire plusieurs décennies d’habitat en Martinique, mais aussi de rappeler le rôle joué par l’organisme dans les grandes évolutions sociales du territoire. Dans les années 1960, la fermeture progressive des usines de l’industrie sucrière entraîne l’arrivée de nombreuses familles vers Fort-de-France. Il faut alors construire vite, loger beaucoup, organiser de nouveaux quartiers. Dillon et Floréal s’imposent comme deux ensembles emblématiques de cette période. « La SIMAR a joué son rôle pour héberger cette population », rappelle Jean-Luc Galy. Le rythme de construction reste soutenu jusqu’aux années 1990, avec une production qui pouvait atteindre 300 logements par an. Aujourd’hui, le bailleur gère 12 500 logements et accueille près de 30 000 habitants, soit environ 10 % de la population martiniquaise. Une présence qui en fait un acteur majeur de l’aménagement et du quotidien.
« La SIMAR a joué son rôle pour héberger cette population »
S’adapter aux mutations
Au fil du temps, les besoins ont profondément changé. Les grandes familles des années 1970 ont laissé place à des ménages plus petits. La SIMAR a donc ajusté son offre, en adaptant l’aménagement des logements et en développant une palette plus large d’options locatives : logement social, logement intermédiaire et logement libre non conventionné. Cette diversité permet d’accompagner les parcours résidentiels. Un locataire peut entrer dans le parc social, puis évoluer vers une autre offre lorsque sa situation professionnelle s’améliore, libérant ainsi un logement pour un autre ménage. Cette logique traduit l’une des qualités revendiquées par l’organisme : la résilience. L’adaptation concerne aussi la sécurité du patrimoine. Entre 2010 et 2020, 70 millions d’euros ont été investis dans le confortement parasismique des immeubles anciens. « Nous avons été le premier bailleur de l’île à engager cette opération », souligne Jean-Luc Galy.
Une célébration en quatre temps
Pour ses 70 ans, la SIMAR a choisi une programmation qui mêle mémoire, proximité et transmission. Premier temps fort : deux soirées d’immersion organisées les 4 et 6 mai, avec des témoignages d’anciens directeurs, de salariés et de locataires. Photos, et vidéos ont permis de faire revivre la mémoire de l’institution. Deuxième rendez-vous : la caravane des locataires. Pendant trois week-ends en mai, les équipes sont allées à la rencontre des habitants du territoire. Autour des jeux d’antan, l’objectif était de créer un moment de déconnexion, d’échange et de lien intergénérationnel. Troisième séquence : le sport, avec la participation d’une équipe de jeunes résidents de la SIMAR au tournoi Frédéric Piquionne. Face à 16 équipes, les jeunes ont atteint les quarts de finale. Un parcours salué comme un moment de cohésion et de fierté collective. Quatrième temps fort : la soirée de gala du 20 juin, destinée au personnel et aux partenaires. L’anniversaire se prolongera en octobre, lors des Journées du patrimoine, avec une visite du parc et un temps de réflexion sur l’avenir.
« Il ne s’agit pas seulement de construire, mais aussi d’accompagner »
Des chantiers d’avenir
La requalification de Dillon et Floréal figure parmi les dossiers structurants. Avec la Ville de Fort-de-France, la SIMAR veut interroger l’avenir de ces quartiers : réhabilitation, mobilité, activité économique. Le vieillissement constitue l’autre grand défi. « Il ne s’agit pas seulement de construire, mais aussi d’accompagner », insiste Jean-Luc Galy. Adaptation des logements, mais aussi prévention des chutes, téléassistance, suivi médical, sport, animations et résidences d’autonomie font partie des réponses envisagées. Quatre résidences de ce type sont en projet en Martinique. La transition énergétique complète cette feuille de route. Le bailleur dispose déjà de 30 000 m² de panneaux photovoltaïques et projette d’en détenir 57 000 m² dans les deux prochaines années. Bornes de recharge, construction bioclimatique et réflexion sur l’utilisation des matériaux caribéens accompagnent ce changement de modèle. 70 ans après sa création, l’ambition reste claire pour la SIMAR : créer les conditions du bien vivre ensemble.
Chiffres clés
12 500 logements • 30 000 habitants logés • 160 salariés • 55 millions d’euros investis dans l’économie martiniquaise • 1 000 logements en chantier • 400 livraisons prévues en 2026
SIMAR
Avenue du Petit Paradis – 97233 Schoelcher
0596 59 27 00