Prévenir les chutes : un enjeu majeur !

Chaque année, les chutes entraînent une rupture brutale dans la vie de 2 millions de seniors. Les éviter et maintenir l’autonomie est possible grâce à des actions de prévention au quotidien. Une priorité de santé publique pour l’ARS Martinique !

wavebreak3 - stock.adobe.com
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Prévenir les chutes : un enjeu majeur !

Chaque année, les chutes entraînent une rupture brutale dans la vie de 2 millions de seniors. Les éviter et maintenir l’autonomie est possible grâce à des actions de prévention au quotidien. Une priorité de santé publique pour l’ARS Martinique !

Anne de Tarragon 

Pourquoi c’est une priorité ?

Les chutes chez les seniors entraînent souvent des décès ou des hospitalisations parfois lourdes, des pertes conséquentes d’autonomie aussi bien physique, que psychologique ou sociale et impactent la qualité de vie. « Ces chutes, qui interviennent souvent à domicile, marquent une rupture brutale, génèrent un manque de confiance et finalement une sédentarité, elle-même problématique », explique Olivier Arnaud, masseur kinésithérapeute ostéopathe. Beaucoup de ces accidents pourraient être évités. En Martinique, où en 2026, un tiers de la population est âgée de 60 ans et plus, la prévention des chutes est une priorité portée par l’ARS, en lien avec le plan national antichute. 

C’est quoi le plan national antichute ?

Le mot-clé de ce plan est le repérage des fragilités. Ainsi, l’accent a été mis sur la formation et la sensibilisation des professionnels de premier recours (y compris du secteur social) au repérage de la perte d’autonomie et des fragilités. Le plan prévoit aussi la création de centres de prévention où des équipes pluridisciplinaires réaliseront des bilans réguliers. Le but : repérer le plus tôt possible les fragilités des seniors à partir de 65 ans pour les orienter vers des prises en charge adaptées (aménagement du logement, prévention secondaire, aide aux repas, activités adaptées…). Bouger régulièrement, travailler son équilibre et adapter son environnement sont des leviers essentiels : activité physique adaptée, ateliers de prévention (sur l’équilibre et la coordination, mais aussi sur les troubles cognitifs).

Comment prévenir ces chutes ?

Le kinésithérapeute joue un rôle central : évaluation de l’équilibre, renforcement musculaire, travail de coordination, réassurance psychologique, mais aussi conseils d’aménagement du domicile et accompagnement des aidants. Il peut établir un bilan, sans ordonnance, qui sera envoyé au médecin qui généralement suit les recommandations de prévention du kinésithérapeute. « La chute est la conséquence d’un manque d’équilibre potentiellement dû à une défaillance d’un des trois systèmes majeurs : visuel, locomoteur ou vestibulaire, qui avec l’âge deviennent moins performants, explique Olivier Arnaud, kinésithérapeute. La rééducation vise alors à stimuler ces capacités à travers des exercices simples, progressifs et adaptés (fauteuil rotatoire, optocinétique, travail de coordination…). Les ateliers proposés intègrent également un travail dit “en double tâche”, qui consiste à solliciter simultanément le corps et le cerveau : marcher tout en comptant, maintenir son équilibre tout en répondant à une question, ou encore manipuler un objet tout en mémorisant une consigne. Cette approche permet d’améliorer l’attention, la coordination et la sécurité dans les situations de la vie quotidienne. »

Comment restaurer la confiance des seniors après une chute ?

Après une chute, certaines personnes âgées développent une véritable peur de tomber à nouveau. Elles réduisent progressivement leurs déplacements, perdent confiance et deviennent plus sédentaires, ce qui augmente encore le risque de chute. Restaurer la confiance en soi fait donc pleinement partie du travail de prévention. Prévenir les chutes, ce n’est pas seulement éviter une fracture. C’est préserver la liberté, la dignité et la qualité de vie des personnes âgées. 

Repérer précocement les fragilités 

ICOPE (Integrated Care for Older People) est un programme développé par l’OMS pour prévenir la perte d’autonomie chez les personnes de plus de 60 ans. Son objectif est simple : repérer précocement les premiers signes de fragilité afin d’agir rapidement. Grâce à un questionnaire accessible sur smartphone ou ordinateur, les seniors peuvent bénéficier d’un suivi personnalisé et être orientés vers des professionnels de santé adaptés à leurs besoins.