Balnéo pour chevaux : immersion dans un centre unique

À Petit-Canal, Les Destriers Du Nord ont créé, en 2024, le premier centre de balnéothérapie équine de la Caraïbe. Entre récupération, rééducation et bien-être, cette structure accompagne chevaux et poneys tout en respectant leurs besoins naturels. Découverte.

© Lou Denim
© Lou Denim

Balnéo pour chevaux : immersion dans un centre unique

À Petit-Canal, Les Destriers Du Nord ont créé, en 2024, le premier centre de balnéothérapie équine de la Caraïbe. Entre récupération, rééducation et bien-être, cette structure accompagne chevaux et poneys tout en respectant leurs besoins naturels. Découverte.

Sarah Balay

9 h 30, Petit-Canal. Je m’enfonce à l’intérieur des terres… Les panneaux centre équestre Les Destriers Du Nord me guident pas à pas. Une fois sur place, je trouve un vaste domaine, étonnamment calme. Deux monitrices, occupées à brosser des chevaux, m’accueillent et m’accompagnent vers mon interlocutrice : Cédia Vainqueur, responsable de la communication et référente des courses de galop à poney. À ses côtés, je m’apprête à découvrir le premier centre de balnéothérapie équine de la Caraïbe, ouvert aux chevaux et poneys de course, de sport, de loisir ou en convalescence.

La visite commence sans tarder. À quelques mètres des écuries, un bâtiment regroupe les différents équipements destinés à la préparation physique, à la récupération et aux soins des chevaux. J’assiste à la séance de Twix, un Paint Horse né à Goyave et vivant en pension sur le centre. Habitué des lieux, c’est un cheval qui pratique le mountain trail, discipline qui reproduit les obstacles rencontrés en pleine nature. Twix s’avance sans hésiter vers le marcheur à sec*. Inutile de le tirer : il connaît le chemin. La monitrice Gabrielle l’installe tranquillement sur le tapis roulant, ajuste les réglages et lance la séance. Les premiers pas sont lents, puis il s’élance au trot, à 8 km/heure, sur une pente à 4 degrés. « Une belle intensité déjà, précise Gabrielle. Il propulse bien au niveau du postérieur et il engage toute sa ligne abdominale ».

Comme n’importe quel sportif, Twix s’est échauffé en amont. Il a eu droit à une douche rafraîchissante et à quelques étirements destinés à préparer ses muscles à l’effort. Au fil des minutes, Gabrielle m’invite à observer l’animal : ses veines ressortent, ses poils sont plus ébouriffés et son pelage est plus foncé par endroits, signe qu’il transpire. « Nous restons à ses côtés durant toute la séance, qui ne dépasse généralement pas trente minutes, explique Gabrielle. Nous adaptons la vitesse et l’inclinaison du tapis en fonction de son travail, de sa condition physique et de son comportement. »

Mais tous les chevaux ne montent pas aussi sereinement sur ces équipements. Avant toute séance de balnéothérapie, une phase de désensibilisation est souvent nécessaire. « Nous leur faisons d’abord découvrir les appareils à l’arrêt, explique Cédia. Ensuite, nous observons leurs réactions. Pour certains chevaux, une journée suffit. Pour d’autres, cela peut prendre plusieurs semaines. Il faut jongler avec chaque cheval. On s’adapte toujours à lui, jamais l’inverse. »

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© Lou Denim

Moments de liberté

Pendant que Twix poursuit son effort, Cédia me fait découvrir les autres installations du centre. Le spa, où des jets d’eau froide massent tendons et muscles, ou encore le marcheur aquatique, qui permet de travailler plus intensément grâce à la résistance de l’eau. « Pour les chevaux les plus réticents, l’équipe privilégie des solutions alternatives, poursuit Cédia. Balades en extérieur, bains de mer, poches de glace ou guêtres vibrantes selon les besoins. » Pour faire fonctionner de tels équipements, rien n’est laissé au hasard. Lors de leur installation, toute l’équipe a été initiée. Depuis, elle continue à se perfectionner auprès de vétérinaires, d’ostéopathes et d’autres spécialistes du bien-être équin. « Les techniques évoluent sans cesse. Nous continuons donc à nous former », souligne la responsable de la communication.

Pour Twix, la séance s’achève par une douche de récupération et un massage. Pas de détour par le solarium aujourd’hui. Dans certains cas, les chevaux peuvent bénéficier d’un soin à l’argile complété par un passage sous les lampes infrarouges qui en renforcent les effets.

Quelques minutes plus tard, Twix est remis en liberté sur le domaine. Il s’éloigne tranquillement pour brouter. Ici, les chevaux ne passent pas leurs journées enfermés dans un box. « Même si cela demande une vigilance de chaque instant, nous tenons à leur offrir des moments de liberté. Les chevaux sont des animaux qui vivent naturellement en groupe. Ils ont donc besoin d’interactions régulières avec leurs congénères », explique Cédia.

Deux ans après son inauguration, le centre de balnéothérapie ne manque pas d’ambitions. Les Destriers Du Nord souhaitent désormais accueillir des chevaux venus d’autres îles de la Caraïbe. « C’est vraiment le but », confie Cédia. Le projet passe notamment par le développement du transport maritime des chevaux afin de leur permettre de bénéficier de tous ces équipements avant ou après les grandes compétitions.
À suivre.

*tapis de marche pour cheval

Former aux métiers du cheval

Créé il y a trois ans et certifié Qualiopi, le centre de formation Les Destriers Du Nord propose des formations aux métiers de la filière équine. Objectif : répondre au manque de professionnels qualifiés en Guadeloupe. Maréchaux-ferrants, palefrenier soigneurs, moniteurs d’équitation figurent parmi les profils les plus recherchés. Les stagiaires alternent entre enseignements théoriques et apprentissage pratique avec des professionnels encore en activité. Selon le centre, le principal frein reste le manque d’information sur ces métiers.