Comment inciter nos ados à pratiquer une activité physique ?

Son activité favorite ? Muscler ses pouces à la console ! Et pourtant, vous rêvez de le voir enfiler ses baskets ! Découvrez les conseils de Frédéric Bedouet, référent sport-santé, inclusion et prévention du dopage à la Délégation régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (Drajes) de Guadeloupe.

© Cultura Creative
© Cultura Creative

Comment inciter nos ados à pratiquer une activité physique ?

Son activité favorite ? Muscler ses pouces à la console ! Et pourtant, vous rêvez de le voir enfiler ses baskets ! Découvrez les conseils de Frédéric Bedouet, référent sport-santé, inclusion et prévention du dopage à la Délégation régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (Drajes) de Guadeloupe.

Céline Guillaume

Au moins une heure d’activité physique par jour, soit sept heures par semaine : telles sont les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé pour nos ados. Pourtant, près de trois jeunes sur quatre ne font pas assez d’activité physique quotidienne*. Et la pratique diminue à partir de 15 ans, en particulier chez les filles. Principaux freins : le manque d’équipements, le coût de la pratique, les déplacements et l’éloignement de certaines communes, surtout en Guyane. « Mais aussi la concurrence des écrans et des réseaux sociaux, le manque de temps entre les études et les autres activités », complète Frédéric Bedouet. Néanmoins, « les adolescents restent le public qui pratique le plus de sport, notamment dans les clubs. »

1. Le plaisir avant tout

« Le premier moteur doit rester le plaisir. Les adolescents s’engagent lorsqu’ils trouvent une activité qui leur plaît. » Les contraindre, ça ne marche pas !

2. Des activités libres

« Les pratiques évoluent. Les jeunes recherchent davantage de liberté, avec des activités moins institutionnalisées : fitness, musculation, course à pied, vélo, sports de glisse ou pratiques urbaines. » Les forums des associations à la rentrée, les cours d’initiation, les stages pendant les vacances, le sport à l’UNSS sont autant d’occasions pour tester de nouvelles activités ! Et puis, l’activité physique ne se limite pas au sport en club ou à l’école. Tout ce qui peut les faire bouger davantage au quotidien compte : aller au collège à pied, faire une partie de foot sur la plage…

3. Être à l’écoute

« Ne cherchez pas à les convaincre, mais à les écouter. Soyez attentifs aux difficultés spécifiques que les filles peuvent rencontrer à l’adolescence. Les données nationales montrent qu’une sur deux abandonne sa pratique sportive avant 15 ans, soit un taux six fois supérieur à celui des garçons. » Premier frein : la non-prise en compte des spécificités du corps féminin à la puberté. Par exemple, 55 % arrêtent le sport à cause de leurs règles. « À cela s’ajoutent des facteurs sociaux : les injonctions esthétiques, la peur du regard des autres, les moqueries ou le sexisme. »

4. Montrer l’exemple

Les parents ont un rôle essentiel à jouer. « Ils peuvent montrer l’exemple en pratiquant eux-mêmes une activité physique, proposer des activités en famille, valoriser les progrès plutôt que les performances, et encourager leurs enfants. »

5. Mettre en avant le lien social

Les messages centrés uniquement sur la santé — « C’est bon pour ton cœur. » — sont souvent peu efficaces auprès des jeunes. Mieux vaut mettre en avant le bien-être, le plaisir et les moments partagés avec d’autres jeunes. « Le sport contribue au développement du lien social. C’est un espace où les adolescents peuvent retrouver leurs amis. » Leur parler des bénéfices moins connus comme mieux dormir, avoir plus confiance en soi, améliorer sa concentration, sa mémoire, ses résultats scolaires…

6. Planifier

Incitez-les à planifier l’activité physique dans la semaine et à se fixer des objectifs atteignables, pour augmenter leur pratique progressivement. Leur faire prendre conscience que même un peu d’activité physique est préférable à aucune activité physique.

7. Pas de pression

Attention à l’obsession de la performance ! Le sport ne se résume pas à la compétition. « Les ados sont très sensibles aux modèles inspirants. En Guadeloupe, nos nombreux champions montrent que le sport peut être un formidable vecteur de réussite, mais la performance ne doit pas être l’unique objectif. » Certes, le sport permet de se dépasser, mais selon ses capacités et sans nécessairement se comparer aux autres. « Le problème n’est pas le manque de motivation des jeunes, mais notre capacité collective à leur proposer une pratique bienveillante, inclusive, respectueuse des besoins de chacun, et source de plaisir. C’est un enjeu majeur de santé publique », conclut Frédéric Bedouet.

* « Baromètre national des pratiques sportives 2024 », Injep notes & rapports, décembre 2024 (enquête incluant l’Outre-mer).

Les sports les plus pratiqués chez nous

« En Guadeloupe, les disciplines les plus pratiquées restent le football, le basket-ball, l’athlétisme, le judo, la natation, lorsqu’elle est accessible, ainsi que les sports de combat. Notre territoire possède également un formidable potentiel naturel qui favorise le développement des sports nautiques : voile, surf, kayak, paddle ou encore activités de pleine nature. Parallèlement, on observe une forte progression des pratiques libres : fitness, cross-training, marche active, running ou vélo. » Une tendance que l’on retrouve également en Guyane et en Martinique.