Passage de flambeau au RSMA Martinique

Le 8 juillet dernier, le RSMA Martinique a officiellement accueilli son nouveau chef de corps lors de la cérémonie de passation de commandement présidée par le général Patrice Bellon, en présence du préfet de la Martinique. 3 questions aux  Colonel Guillaume Puppo (partant) et au Lieutenant-colonel (TA) Jean-Marc Perraut (arrivant)

© Jean-Albert Coopmann
© Jean-Albert Coopmann

Passage de flambeau au RSMA Martinique

Le 8 juillet dernier, le RSMA Martinique a officiellement accueilli son nouveau chef de corps lors de la cérémonie de passation de commandement présidée par le général Patrice Bellon, en présence du préfet de la Martinique. 3 questions aux  Colonel Guillaume Puppo (partant) et au Lieutenant-colonel (TA) Jean-Marc Perraut (arrivant)

Publi-communiqué

3 questions au Colonel Guillaume Puppo (partant)

Pouvez-vous nous parler de vos 2 années de chef de corps au RSMA-MQ ?

Colonel Guillaume Puppo : Ces années sont un peu le graal pour un officier. Nous y sommes bien préparés, et j’étais particulièrement heureux d’être désigné pour revenir à la Martinique, 23 ans après avoir déjà servi au sein du RSMA en tant que jeune sergent.

Le RSMA sortait d’une conjoncture assez délicate, liée en particulier à la période post-Covid et à la démographie en berne de l’île. Dès mon arrivée, ceci a été amplifié par la période des mouvements sociaux de fin 2024. Fort heureusement, le régiment jouit d’une réputation solide sur l’île : 39 000 Martiniquais nous ont déjà fait confiance depuis 1961. Alors que je pensais que 2025 serait complexe en termes de recrutement et d’insertion, le RSMA semble finalement avoir servi de « valeur refuge » puisque nous aurons, en 24 mois, augmenté notre recrutement de volontaires stagiaires de 20 %, voyant passer plus ou moins 500 jeunes par an dans nos rangs. Parmi ces jeunes, 35 % sont des femmes et le régiment s’est efforcé de revenir à son cœur de cible, les
véritables décrocheurs scolaires, qui représentent aujourd’hui 33 % de notre vivier contre 17 il y a deux ans. Nous sommes très reconnaissants envers la population martiniquaise et envers nos partenaires pour cette marque de confiance, qui nous pousse à toujours faire mieux !

Quels sont les projets forts de votre mission ?

Chaque chef arrive avec ses objectifs mais aussi avec la nécessité d’aboutir sur les projets lancés par ses prédécesseurs. Parmi les objectifs que je m’étais fixé, trois sortaient du lot. Le premier était de réussir à avancer sur les économies de la mer et de la terre. Cela reste un sujet complexe car ces métiers sont souvent dévalorisés au sein de la jeunesse et méritent sans doute une action collective afin d’être mieux expliqués. Nous avons connu quelques belles réussites qui, je l’espère, seront des produits d’appel pour demain : un parcours de scaphandrier, quelques skippers ou la reprise d’une ferme au Morne-Rouge ne sont pas des petites victoires, je vous l’assure.

Le second était d’implanter une maison de recrutement du RSMA dans Fort-de-France. Notre localisation à Gondeau est assez excentrée et nous manquons de visibilité. Cette maison du SMA, active au 83 rue Schœlcher depuis le mois de mai, a été inaugurée par la ministre des Outre-mer, et j’invite tous les parents et jeunes intéressés par une formation dans l’une de nos 16 filières à venir s’y renseigner ou postuler.

Le troisième était d’accroître la capacité d’action du RSMA en cas de crise. Pour devenir plus résilient et apporter des solutions au préfet, le régiment a été renforcé mi 2025 d’un détachement de la sécurité civile qui, en plus de ses missions régaliennes, contribue directement à la formation de nos jeunes en sauvetage-déblaiement, bâchage de toit, premiers secours… Autant de savoir-faire déjà appliqués par le passé, mais encore améliorés. L’objectif final est de créer une compagnie de réserve du RSMA, dont l’objectif ne sera pas de porter des fusils mais bien de pouvoir être réactifs le jour où l’île aura besoin de nous. Les recrutements ont débuté et les bonnes âmes sont toutes les bienvenues !

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© Jean-Albert Coopmann

Pourquoi recommanderiez-vous le RSMA aux jeunes Martiniquais qui cherchent à s’insérer professionnellement ?

Parce que cela marche ! L’insertion dépasse les 80 %, et les jeunes obtiennent leur permis avec une réussite de 85 %. Notons que ce permis n’est pas qu’une « promesse de campagne », mais bien une nécessité afin que les jeunes soient mobiles et autonomes pour pouvoir travailler partout sur l’île. Plus rationnellement, je dirais qu’on ne vient pas au RSMA uniquement pour chercher une formation professionnelle que l’on peut trouver ailleurs. On y vient parce que l’on n’est pas forcément fait pour rester sur les bancs de l’école : le RSMA privilégie la mise en pratique et les situations concrètes. On y vient pour décrocher de ses addictions car on a compris que c’était néfaste. On y vient enfin pour acquérir un savoir-être et un savoir-devenir qui est unanimement plébiscité par toutes les entreprises avec lesquelles nous travaillons.

À l’arrivée, je dirais que notre marque de fabrique, notre réelle plus-value, réside dans les intervalles, le temps masqué. Il n’est pas inné de se lever à 5 heures le matin, d’aller déjeuner en marchant au pas, de monter la garde à 18 ans ou d’avoir des périodes d’astreinte. C’est pourtant dans ces moments que la bascule se fait dans la mentalité des jeunes : prendre soin de son camarade plutôt que de passer son temps sur son téléphone portable ; faire du sport plutôt que de succomber à des addictions ; participer à des chantiers pédagogiques dans les communes plutôt que de rester sur son canapé.

Notre jeunesse va bien dès lors qu’on lui accorde l’attention qu’elle mérite, qu’on l’écoute, qu’on l’oriente. La pépite éclôt très vite chez beaucoup d’entre eux. Je pars avec le cœur lourd car cette jeunesse est vraiment attachante et mérite qu’on lui consacre le temps nécessaire. Ce sont eux l’avenir de Madinina !

3 questions au Lieutenant-colonel (TA) Jean-Marc Perraut (arrivant)

Pouvez-vous vous présenter rapidement ?

La prise de commandement du RSMA de la Martinique intervient pour moi après presque 26 années de service. J’ai débuté comme sous-officier avant de gravir les échelons et de rejoindre le corps des officiers en 2004. Mon parcours militaire s’est d’abord concentré sur l’opérationnel, au sein des unités blindés des troupes de Marine, ce qui m’a conduit de Djibouti à la Côte d’Ivoire en passant par le Liban, l’Afghanistan et l’Irak. Mon parcours s’est ensuite orienté vers la coopération et les relations internationales. Après la scolarité de l’école de guerre, j’ai notamment été détaché pendant cinq ans et auprès du ministère des Affaires étrangères d’abord à Paris, puis au Sénégal. Marié et père de deux garçons, la Martinique sera, à n’en pas douter, une belle découverte familiale autant qu’un nouveau défi professionnel attractif.

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© Jean-Albert Coopmann

Êtes-vous heureux de venir au RSMA ?

Se voir confier le commandement d’un régiment, pour un officier, est déjà, en soi, une grande satisfaction. En outre, je considère que la diversité des missions qui m’ont été confiées jusqu’ici constitue une réelle richesse : ajouter à cette richesse, l’expérience du service militaire adapté est donc également très satisfaisant. En effet, l’engagement militaire repose en partie sur le culte de la mission, et je crois profondément en cette mission du SMA : participer, concrètement et activement, à préparer l’avenir du territoire et du pays par la formation de sa jeunesse.

Comment pensez-vous inscrire votre action durant les années à venir ?

Je tiens d’abord à saluer l’action de mon prédécesseur qui, associée à l’engagement quotidien des cadres du régiment, me permet de prendre mes fonctions dans d’excellentes conditions. Le RSMA de la Martinique est au rendez-vous de l’insertion des jeunes engagés volontaires qui ont eu le courage de le rejoindre. En conséquence je ne me projette pas dans une perspective de refondation profonde de ce qui fonctionne, mais plutôt dans une action de consolidation sur ce volet fondamental. En revanche, de nouveaux objectifs ont été fixés au régiment pour s’impliquer de manière plus conséquente et efficace dans le dispositif de secours aux populations en cas de catastrophe naturelle : c’est dans ce domaine, notamment par la création d’une unité de réserve spécialisée du SMA, que je compte porter mes premiers efforts.