Quels sont les risques de la polymédication ?

Souffrant souvent de plusieurs pathologies, les seniors sont exposés au risque de la polymédication. À l’officine, les pharmaciens redoublent de vigilance. Les éclairages du Dr Syntia Thomas, pharmacienne à Trinité.

© Ludovic Clrima
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Quels sont les risques de la polymédication ?

Souffrant souvent de plusieurs pathologies, les seniors sont exposés au risque de la polymédication. À l’officine, les pharmaciens redoublent de vigilance. Les éclairages du Dr Syntia Thomas, pharmacienne à Trinité.

Ludovic Clérima  

Qu’est-ce que la polymédication ?

C’est le fait de consommer beaucoup de médicaments différents en une fois. On l’observe chez les patients atteints d’une affection longue durée, comme le diabète ou l’hypertension. Ces maladies sont très courantes chez nous et génèrent parfois de multiples pathologies qui nécessitent une prise en charge spécifique. Les personnes malades arrivent alors en officine avec des ordonnances longues et une dizaine de traitements.

Quel est le risque pour le malade ?

Malgré leur efficacité, les médicaments peuvent être à l’origine d’effets indésirables comme la somnolence, les douleurs abdominales ou la fatigue. Plus leur nombre augmente et plus le risque d’avoir des effets indésirables augmente. De plus, si la personne est âgée et a des pertes de mémoire, elle peut ne pas prendre son traitement, se tromper dans le dosage ou utiliser ses médicaments au mauvais moment. Plus la personne est âgée et plus certains organes comme le foie ou les reins fonctionnent moins bien. Certains médicaments sont alors éliminés plus lentement et les doses doivent être plus faibles.

Quel est le rôle du pharmacien ?

Faire preuve de vigilance ! Nous sommes le dernier maillon de la chaîne du soin. Quand nous connaissons bien le patient, nous sommes par exemple attentifs à son risque allergique avec les médicaments prescrits. La plupart du temps, nous savons quels sont les médicaments dont l’interaction peut être néfaste, mais nous avons aussi un logiciel en officine qui nous signale les traitements qui ne vont pas ensemble. Nous notons aussi sur les boîtes la posologie en précisant l’utilité de tel ou tel médicament. Ensuite, nous recommandons au patient d’associer la prise de médicament à un moment de la vie quotidienne. Par exemple en plaçant les médicaments du soir sur la table de nuit, ou à côté de la brosse à dents. Le pilulier, dans la polymédication, est parfois d’une grande aide. De plus en plus de pharmacies les proposent et les préparent pour leurs patients. Enfin, pour les personnes de plus de 65 ans polymédicamentées et souffrant d’une pathologie chronique, il existe le Bilan Partagé de Médication. Il se déroule sous la forme de plusieurs entretiens, à l’officine avec le pharmacien, dans un espace de confidentialité. Il permet de mieux encadrer le traitement, et de diminuer les risques d’erreur de prescription.

Quelles sont les interactions plus ou moins graves que vous observez le plus souvent ?

Le mélange Fervex et Doliprane 1 g. Il y a déjà du paracétamol dans le Fervex donc mélanger les deux, c’est s’exposer au surdosage. Or, l’excès de paracétamol est mauvais pour le foie. À ce moment-là, nous conseillons au patient de ne prendre que 500 mg de Doliprane.

Existe-t-il des interactions positives ou négatives entre les rimèd razié et les médicaments ?

Oui. Généralement, c’est plutôt positif, notamment les tisanes, mais il faut être vigilant sur certains traitements. Je pense par exemple aux personnes atteintes de problèmes de thyroïde qui consommeraient du millepertuis. Non seulement les médicaments seront moins efficaces, mais cela peut entraîner chez le malade des problèmes de prise de poids, de constipation, d’hypotension ou de fatigue. Les risques les plus fréquents sont de l’ordre du surdosage. En règle générale, mieux vaut demander conseil à son pharmacien.