Sonjé !

« On ne répare pas la mémoire, comme une boîte à fusibles », écrivait Édouard Glissant dans son rapport pour la création d’un Centre national pour la mémoire des esclavages et de leurs abolitions. Un rapport, commandé en 2006, par le président Jacques Chirac. Au devoir de mémoire, Glissant substituait « un devoir de connaissance et, dans le cas des esclavages, de re-connaissance : et c’est la connaissance, et elle seule, qui ravivera la mémoire ». Voilà notre sélection.

© Archivist - stock.adobe.com
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Sonjé !

« On ne répare pas la mémoire, comme une boîte à fusibles », écrivait Édouard Glissant dans son rapport pour la création d’un Centre national pour la mémoire des esclavages et de leurs abolitions. Un rapport, commandé en 2006, par le président Jacques Chirac. Au devoir de mémoire, Glissant substituait « un devoir de connaissance et, dans le cas des esclavages, de re-connaissance : et c’est la connaissance, et elle seule, qui ravivera la mémoire ». Voilà notre sélection.

Floriane Jean-Gilles

À VOIR

On a tous en tête cette image de Christiane Taubira, au pupitre de l’Assemblée nationale, déclarant : « Nous allons décrire le crime, l’œuvre d’oubli, le silence, et dire les raisons de donner nom et statut à cette abomination ». Un discours qui fait date, une loi pionnière. Le documentaire de Mathilde Damoisel en ravive le souvenir, 25 ans après.

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Christiane Taubira : une loi pour mémoire, disponible sur france.tv

À LIRE

On aime l’idée qu’il n’y a pas d’âge pour parler de l’esclavage. Et encore plus, quand on sait la difficulté qui persiste parfois à aborder cette question en famille. Ce livre documentaire pose les premiers jalons, de l’Antiquité à nos jours, sans rien occulter des violences et des résistances. Écrit par Audrey Guiller et illustré par Sara Vincenzi, l’ouvrage a été relu par Myriam Cottias, directrice du Centre international de recherches sur les esclavages et post-esclavages (CIRESC).

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L’Esclavage, de l’oppression à la liberté, éditions Milan, 40 pages, 2026. À partir de 7 ans.

À ÉCOUTER

Ils sont artistes, universitaires, historiens, militants associatifs, filles et fils d’esclaves ou descendants de négriers, tous racontent l’esclavage au micro d’Aurélie Bambuck. Cette série de 4 reportages est à la fois une déambulation géographique, dans les anciens ports de la traite atlantique, et une mémoire vivante et polyphonique. Chaque histoire, chaque souvenir de famille, chaque nom, chaque lieu, chaque initiative raconte une histoire plus grande et contribue, en patchwork, à en faire l’héritage de tous. C’est passionnant et nécessaire.

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Esclavage : héritage d’hier, voix d’aujourd’hui (4 épisodes), à écouter sur Radio France

À FAIRE

Remonter son arbre généalogique jusqu’à découvrir la trace de ses aïeux libérés et nommés en 1848. Anchoukaj est l’œuvre d’un travail d’archives titanesque, mené par le Comité marche du 23 mai 1998, restitué au public à travers ce moteur de recherche. Vous êtes à un clic de la larme à l’œil !

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www.anchoukaj.org

À MÉDITER

« C’est en quoi la mémoire des esclavages nous est avant tout précieuse. Comme la mémoire de tout massacre ou de tout génocide, elle importe à l’équilibre du monde. Non pas parce que la mémoire nous est indispensable, ni parce que la morale nous l’impose, mais parce que l’absence de mémoire laisse en chacun et en tous une faiblesse irréparable. Et aussi parce que toute mémoire récupérée est avant tout un outil de solidarité entre peuples. Il nous faut d’abord nous souvenir ensemble, et que l’oubli à l’occasion devienne un consentement non troublé, ratifié par tous. Notre action la plus haute devrait être de restaurer dans ce monde les prestiges de l’alliance, et d’aviver la rencontre des différences. »

Mémoires des esclavages, Édouard Glissant, éditions Gallimard/La documentation française, 2007