EDF Archipel Guadeloupe : Faîtes connaître vos projets
EDF Archipel Guadeloupe, en concertation avec la Région et les services de l’État, lance une grande consultation afin de recenser, d’ici à la fin du mois d’août, tous les projets de création d’unités de production d’énergies renouvelables.
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Au Comité de concertation des producteurs - 6 avril 2026 : (De gauche à droite) Sylvie Vanoukia (présidente de la Commission Energie de la Région Guadeloupe), Thierry Devimeux (Préfet de Guadeloupe), Marie-Line Bassette (directrice régionale d'EDF Archipel Guadeloupe), Emma Dahomay-Thibaudier (directrice régionale adjointe d'EDF Archipel Guadeloupe), Raphaël Cipolin (directeur régional adjoint d'EDF Archipel Guadeloupe) © Guillaume Aricique
EDF Archipel Guadeloupe : Faîtes connaître vos projets
EDF Archipel Guadeloupe, en concertation avec la Région et les services de l’État, lance une grande consultation afin de recenser, d’ici à la fin du mois d’août, tous les projets de création d’unités de production d’énergies renouvelables.
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Photovoltaïque, éolien, géothermie, biomasse, en 2025, les énergies renouvelables ont représenté 34,5 % du mix électrique du territoire, preuve que la transition énergétique est bien engagée. Sauf que le dernier Schéma de raccordement au réseau des énergies renouvelables (S2REnR), approuvé en juin 2021, est arrivé à saturation sur la Grande-Terre. À ce jour, il n’est plus possible de raccorder la moindre installation nouvelle au réseau sur cette zone, alors que 287 projets, principalement photovoltaïques (65 %) et éoliens (25 %), sont en attente.
Face à ce constat, EDF Archipel Guadeloupe, la Région et les services de l’État ont invité l’ensemble des producteurs d’énergies renouvelables du territoire à un comité de concertation en vue de réviser le S2REnR. Ces derniers ont jusqu’à fin août pour indiquer l’emplacement de leurs futurs projets et faire le point sur la viabilité des projets existants. « Ces informations sont cruciales pour que nous puissions dimensionner les futurs travaux d’infrastructure, notamment en Grande-Terre », explique Marie-Line Bassette, directrice régionale d’EDF Archipel Guadeloupe.
Objectif : 238 MW de puissance
C’est le préfet de Guadeloupe qui fixe la capacité d’accueil du S2REnR, en cohérence avec la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) établie par la Région, en concertation avec les services de l’État. Le premier S2REnR était « relativement modeste et visait 74 MW », constate Philippe Edom, chef adjoint du service Risques Énergie Déchets, à la Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DEAL). Le schéma révisé s’annonce bien plus ambitieux, avec une puissance de 238 MW, compte tenu que la PPE vise 100 % d’électricité décarbonée à l’horizon 2033.
« Au-delà d’un document technique, le S2REnR est l’un des leviers majeurs de transformation de notre modèle énergétique », précise Julien Laffont, directeur Énergie, mobilité et transport à la Région Guadeloupe. « Notre ambition est d’accueillir des volumes beaucoup plus élevés d’énergies renouvelables produites localement. C’est une condition essentielle pour renforcer notre autonomie énergétique, réduire nos émissions carbone, sécuriser notre approvisionnement et créer davantage de valeur économique sur notre territoire. »
« La réussite du futur S2RenR repose sur une mobilisation collective de l’ensemble des acteurs du territoire. Car au-delà des infrastructures, c’est bien une vision partagée de la transition énergétique guadeloupéenne qu’il faut construire. »
Un réseau en équilibre
À ce jour, la biomasse est la 1re source d’énergie renouvelable disponible. Suivie par le photovoltaïque, la géothermie, l’éolien, le biogaz et, dans une moindre mesure, l’hydraulique. De nombreux producteurs privés opèrent donc aux côtés d’EDF PEI qui exploite la centrale diesel de la Pointe Jarry.
Puis, EDF Archipel Guadeloupe, gestionnaire du système électrique, a la responsabilité d’assurer à chaque instant l’équilibre entre l’électricité produite et celle consommée, afin de garantir l’alimentation des clients sur l’ensemble du territoire. « Garantir cet équilibre est un exercice beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît », souligne Marie-Line Bassette. « Même si le système électrique est largement automatisé, des équipes sont mobilisées 24h/24 et 7j/7 pour surveiller en permanence la stabilité du système et maintenir la fréquence autour de 50 Hz. Dès qu’un déséquilibre apparaît, il faut pouvoir ajuster très rapidement les moyens de production ou la consommation. »
Un exercice rendu plus complexe avec le développement des énergies renouvelables dites « intermittentes », comme le solaire ou l’éolien, dont la production dépend directement des conditions météorologiques et ne peut pas être pilotée à la demande.
« L'enjeu est aussi d'avoir une répartition plus équilibrée des unités de production sur le territoire »
Énergies « fatales » ou « pilotables » ?
« Le photovoltaïque et l’éolien sont des énergies dites “fatales”. Elles sont intermittentes, il faut les prendre quand elles sont disponibles, explique Marie-Line Bassette. Et quand elles ne le sont pas, on recourt à des moyens de production dits “pilotables”, c’est-à-dire les centrales diesel, la biomasse et la géothermie. Le photovoltaïque et l’éolien sont donc utilisés en premier, sauf pendant la campagne sucrière, où la biomasse devient prioritaire.
En suivant tous ces paramètres, il est indispensable de savoir où se situe chaque unité de production et comment elle est reliée au réseau. Et c’est bien tout l’intérêt de ce S2REnR révisé : « Quand on aura une bonne vision de la spatialisation des producteurs, de la viabilité des projets en fil d’attente, nous pourrons, avec la DEAL, lancer des études plus précises pour optimiser les investissements nécessaires », admet Marie-Line Bassette.
Parallèlement et pour éviter un ralentissement durable du développement des énergies renouvelables dans l’attente des futurs travaux du S2REnR, EDF étudie des solutions dites « de flexibilité », permettant le raccordement progressif de certains projets avant la réalisation complète des infrastructures de renforcement du réseau.
Ces dispositifs reposeraient sur une adaptation ponctuelle de la production injectée lors de situations exceptionnelles de saturation. « Nous travaillons sur un système électrique de plus en plus piloté, capable d’intégrer davantage d’énergies renouvelables tout en garantissant la stabilité du système électrique », explique Marie-Line Bassette. Quant à la quote-part, c’est-à-dire la participation due par les producteurs afin de contribuer au financement des travaux, elle sera également fixée par le préfet dans le cadre du S2REnR.