STMI : Répondre au défi sargasses

En 2011, la subite apparition des algues sargasses sur les côtes des Antilles a plongé de nombreux habitants et usagers de la mer dans un grand désarroi et une profonde impuissance. Face au risque sanitaire et économique que représente cette menace, STMI a imaginé le Sargator, une embarcation capable de prélever les algues en mer avant leur échouement. En 2026, 10 ans après la création du Sargator 1, l’entreprise guadeloupéenne lance le Sargator 3.

Laurent Brousseau, président de STMI, créateur du Sargator Jean-albert Coopmann
Laurent Brousseau, président de STMI, créateur du Sargator Jean-albert Coopmann

STMI : Répondre au défi sargasses

En 2011, la subite apparition des algues sargasses sur les côtes des Antilles a plongé de nombreux habitants et usagers de la mer dans un grand désarroi et une profonde impuissance. Face au risque sanitaire et économique que représente cette menace, STMI a imaginé le Sargator, une embarcation capable de prélever les algues en mer avant leur échouement. En 2026, 10 ans après la création du Sargator 1, l’entreprise guadeloupéenne lance le Sargator 3.

Thomas Thurar 

Le génie humain se nourrit souvent des épreuves et des défis. Le Sargator n’y échappe pas. L’invention de Laurent Brousseau, président de la société Soudure tuyauterie maintenance industrielle (STMI), est née d’une recherche de solution imaginée pour permettre le fonctionnement optimal de la Centrale géothermique de Bouillante, précise le Breton d’origine : « Les sargasses s’infiltraient dans les turbines d’aspiration de refroidissement de la centrale au risque de les bloquer, j’ai donc réfléchi et imaginé le premier tapis roulant capable de ramasser les sargasses flottant dans le canal dédié aux turbines. Une fois le tapis installé, je me suis dit et si on l’installait sur un bateau, c’est ainsi qu’est né le Sargator version 1 ». Ramasser les algues en mer permet d’éviter l’émanation de 2 types de gaz : l’hydrogène sulfuré (H2S) et l’ammoniac (NH3), qui émanent de leur décomposition une fois échouées. Les études récentes ont démontré que l’hydrogène sulfuré est toxique. Il peut présenter des risques pour l’homme s’il est inhalé à fortes concentrations ou pendant de longues périodes. C’est conscient de ce problème de santé publique, que le gérant de STMI, habitué aux actions caritatives s’est emparé de ce nouveau défi.

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Laurent Brousseau, président de STMI, créateur du Sargator Jean-albert Coopmann

En amélioration continue

Nous sommes en 2014, le Sargator 1 est conçu et créé en Guadeloupe, il répond aux attentes de son constructeur mais déjà il affiche ses limites. Laurent Brousseau rappelle : « Les essais étaient concluants sauf qu’on chargeait dans une benne qui était à bord du bateau, et on a constaté que cette benne se remplissait trop vite par rapport au temps d’exploitation du bateau. On a donc corrigé le tir en construisant le Sargator 2 qui lui, dispose de 4 tapis et qui permet le transbordement de la récolte d’algues brunes sur une barge annexe ». Malgré de très bons résultats obtenus par la société Filet Drom, qui exploite le Sargator 2 dans les eaux du Robert et du François, son créateur a imaginé la solution ultime pour le ramassage en mer des algues sargasses, le Sargator version 3. Équipé cette fois d’un seul grand tapis de ramassage, il est capable de collecter en 1 minute 30, 2 tonnes de sargasses. Le Sargator 3 n’est pas juste une nouvelle embarcation précise le technicien : « Aujourd’hui on vend une solution, il faut un filet de blocage pour stopper la progression des sargasses, un bateau d’accompagnement avec une grue de prélèvement, une barge pour le stockage et le Sargator. Le Sargator ne peut pas travailler tout seul ».

Des opportunités dans la Caraïbe et ailleurs

Avec désormais un recul de 12 ans, et la réalisation de 3 prototypes, STMI considère avoir les éléments pour explorer les possibilités du vaste marché caribéen confronté aux mêmes difficultés que la Martinique et la Guadeloupe : « Nous pouvons prospecter partout où il a de la sargasse, nous espérons 2 ou 3 commandes de machines en provenance d’Antigua et Barbuda. Nous avons également de la demande au Mexique. STMI ne mise pas seulement sur le Sargator mais aussi sur les tapis qu’on peut installer à proximité d’équipement hôtelier ou industriel. Nous venons de remporter une commande à Saint-Domingue pour l’installation de tapis roulants ».

Si le ramassage en mer a désormais sa solution, la prochaine étape pour Laurent Brousseau est désormais la valorisation des algues. Le groupe est en phase R & D pour imaginer comment convertir ce fléau en opportunité de développement de l’activité et en création d’emplois. Le Sargator, qui tire son nom des super-héros, a démontré son efficacité et sa longévité. Il est accessible dès 250 000 € pour la version 1 améliorée et jusqu’à 550 000 € pour la version 3.