Gestion des eaux pluviales : un enjeu majeur

L’Office de l’eau (ODE) de Martinique, qui a pour mission de faciliter les politiques de l’eau et de préserver les milieux aquatiques, est un des acteurs de la gestion des eaux pluviales sur le territoire. Ressource ou contrainte ? Éléments de réponse.

Lamentin, pluvial © ODE
Lamentin, pluvial © ODE

Gestion des eaux pluviales : un enjeu majeur

L’Office de l’eau (ODE) de Martinique, qui a pour mission de faciliter les politiques de l’eau et de préserver les milieux aquatiques, est un des acteurs de la gestion des eaux pluviales sur le territoire. Ressource ou contrainte ? Éléments de réponse.

Anne de Tarragon

Avec en moyenne 2 000 mm de précipitations annuelles, la pluie est une ressource abondante en Martinique. Les eaux pluviales peuvent être définies comme la rencontre entre des précipitations avec une surface terrestre (toiture, voirie, surface naturelle, mais aussi parking ou jardin…). Cette eau s’infiltre dans le sol, s’évapore ou ruisselle. Dans la nature, les eaux pluviales contribuent à alimenter les cours et plans d’eau, et les réserves souterraines. En milieu urbain, elles sont majoritairement canalisées puis évacuées vers les eaux superficielles. Les eaux pluviales peuvent aussi être récupérées et stockées, canalisées et évacuées, ou encore, utilisées par l’homme.

Des conséquences majeures

Les enjeux de la gestion des eaux de pluie sont sanitaires, environnementaux mais aussi économiques. « L’urbanisation, l’imperméabilisation croissante des sols, la pratique d’une agriculture intensive ainsi que le mode de gestion actuelle ont fait des eaux pluviales une véritable menace pour la sécurité des biens et des personnes, mais aussi pour les milieux aquatiques, précise Loïc Mangeot, directeur adjoint à l’ODE Martinique. Ces eaux se chargent en produits polluants dommageables pour la vie aquatique des cours d’eau et des milieux marins et contribuent aux dysfonctionnements des réseaux d’eaux usées ». Les enjeux sont aussi économiques et sociétaux liés par exemple aux inondations et glissements de terrain, qui occasionnent pertes et dommages, nécessitent travaux lourds et coûteux et portent atteinte à la sécurité des riverains ou usagers.

Les missions de l’ODE

L’Office de l’eau de Martinique a été créé en 2002. Avec ses partenaires institutionnels, il établit, pour 6 ans, le Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE). L’ODE apporte un appui technique au territoire, informe et sensibilise, mais aussi finance nombre d’actions et de travaux dans le cadre du programme pluriannuel d’intervention. « Ce programme se décline en cinq axes, rappelle Loïc Mangeot, financer des actions de connaissance, de gouvernance ou de structuration, des actions de protection de la ressource en eau, de diversification des usages, de lutte contre la pollution et de protection et restauration des milieux aquatiques avec également une visée de coopération régionale ».

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Loïc Mangeot, directeur adjoint à l’ODE Martinique © Jean-Albert Coopmann

Qualité et quantité

Qu’elles soient considérées comme une ressource ou comme une contrainte, les eaux de pluie posent de nombreuses questions, qu’explique Loïc Mangeot : « Elles peuvent se charger de polluants, ce qui interroge sur la qualité. En termes de quantité, elles peuvent générer sécheresses ou inondations ou être mobilisables en réserves alternatives. Enfin, en termes de gestion, elles interrogent la réglementation, les rôles et responsabilités des différents acteurs ». Ainsi ces dernières années, la gestion des eaux pluviales est devenue un enjeu fort, à la fois d’un point de vue quantitatif mais aussi qualitatif, qui pointe les responsabilités et obligations des acteurs publics et privés.

Aujourd’hui, l’ODE cherche à développer des solutions techniques adaptées au contexte local pour permettre une meilleure gestion des eaux pluviales. Cela passe notamment par le développement d’ouvrages pilotes de gestion des eaux pluviales, par des solutions fondées sur la nature adaptées au territoire.

Chacun son rôle

L’ODE met en œuvre ou incite à la mise en œuvre des dispositions du SDAGE. La gestion des eaux pluviales fait partie de ces axes de gestion prioritaires. « Nous accompagnons et sensibilisons les collectivités, mais aussi les particuliers et les privés en organisant des groupes de travail, en proposant une ingénierie et une expertise précieuses, explique Loïc Mangeot. Nous soutenons aussi, financièrement, les projets en matière de gestion préventive des eaux pluviales dans les conditions prévues dans le PPI (Programme pluriannuel d’intervention) ».

Les collectivités n’ont, jusqu’à présent, que très peu réglementé la gestion des eaux pluviales, focalisées sur la gestion des écoulements via les infrastructures, principalement routières. Toutefois, « le contexte évolue, se réjouit Loïc Mangeot, avec la mise en place de la nouvelle compétence Gestion des Eaux Pluviales Urbaines (GEPU) dévolue aux communautés d’agglomération, mais également avec une prise de conscience croissante de la nécessité de mieux contrôler les écoulements à la parcelle et de moins imperméabiliser ».