Et si vous deveniez référent handicap ?

Le réseau de référents handicap (RRH), accompagnés par l’Agefiph, est un outil de proximité déployé pour faire progresser les politiques d’emploi handicap au sein des entreprises. Explications en 4 questions-réponses avec Sévrine Jalce, animatrice territoriale de l’Agefiph en Guadeloupe. 

© Lou Denim
© Lou Denim

Et si vous deveniez référent handicap ?

Le réseau de référents handicap (RRH), accompagnés par l’Agefiph, est un outil de proximité déployé pour faire progresser les politiques d’emploi handicap au sein des entreprises. Explications en 4 questions-réponses avec Sévrine Jalce, animatrice territoriale de l’Agefiph en Guadeloupe. 

Axelle Dorville

En quoi cela consiste d’être référent handicap ?

Sévrine Jalce : Le rôle d’un référent handicap est d’informer, de sensibiliser et d’accompagner les collaborateurs, afin de créer un climat qui favorise la RQTH*, et donc l’adaptation des postes et de l’organisation du travail le cas échéant. Il s’agit d’une véritable ressource en interne, premier point de contact et d’échange avec les collaborateurs, permettant de dédramatiser certaines situations et de mettre en relation avec les partenaires adaptés.

*Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé

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Qu’est-ce que le réseau référents handicap ? 

Créé en 2018, le RRH permet aux référents handicap des entreprises du territoire d’échanger plusieurs fois par an sur des thématiques données ; telles qu’en 2026 la santé mentale, ou encore l’identification et la compensation du handicap moteur invisible. Ce sont des rendez-vous pratiques et concrets, à l’issue desquels chaque référent repart avec un livrable élaboré dans une logique d’intelligence collective – une charte, un process, un visuel directement applicable en entreprise.

Peut-on devenir référent sans qu’il n’y ait de personnes déclarées comme travailleurs handicapés dans une entreprise ? 

Bien sûr, le handicap fait naturellement partie des politiques de QVCT et de santé au travail et les membres du RRH sont justement là pour s’outiller sur cette thématique afin de l’intégrer concrètement au quotidien dans l’entreprise. Toute personne qui souhaite contribuer au bien-être de ses collègues peut donc, sur la base du volontariat, devenir référent handicap, et ce quel que soit son métier dans l’entreprise. Les entreprises de plus de 250 salariés ont, elles, l’obligation d’avoir au moins un référent handicap. 

A-t-on besoin de s’y connaître pour devenir référent handicap ? 

Pas nécessairement, l’Agefiph accompagne les référents handicaps dans leur professionnalisation à travers divers outils : la plateforme Activateur de progrès avec des contenus prêts à l’emploi à télécharger et imprimer ; Ia plateforme d’appui à la professionnalisation, APro, proposant des modules d’auto-formation, des fiches pratiques téléchargeables ainsi que des webinaires ; le réseau social RRH Connect ; des outils d’animation ludiques ; et bien sûr, le réseau des référents handicaps local. En tant qu’animatrice territoriale, j’accompagne les référents handicap par un audit et un diagnostic, avant d’élaborer ensemble un plan d’action à déployer sur l’année. Portée par une vision inclusive, l’Agefiph conçoit ses différentes solutions en concertation avec les premier.es concerné.es, afin de toujours, améliorer le taux d’emploi des personnes porteuses de handicap, qu’il soit visible ou invisible.

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Ça chiffre

85 % des situations de handicap se déclarent au cours de la vie. Nous sommes donc tous potentiellement concernés, autant s’y intéresser le plus tôt possible. 

80 % des handicaps sont invisibles : maladies invalidantes (cancers, diabète, endométriose, etc.), troubles cognitifs (troubles dys par exemple), psychiques (bipolarité, schizophrénie, etc.) et de santé mentale (dépression sévère), troubles sensoriels (auditifs, visuels, etc.)

2,3 % en moyenne 
Au global, le taux d’emploi des travailleurs handicapés dans les entreprises du secteur privé soumises à l’OETH* atteint 2 % en Martinique (2024, Deets), 2,5 % en Guadeloupe (2024, Deets) et 2,5 % en Guyane(2024, Dares).

*Obligation d’Emploi des Travailleurs Handicapés, pour les entreprises de plus de 20 salariés

6 %  C’est le taux d’emploi de travailleurs handicapés minimum requis pour toutes les entreprises de plus de 20 salariés. Quand il n’est pas atteint, les entreprises s’acquittent d’une contribution financière.

La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé. Elle est accordée sur demande des personnes concernées, de façon temporaire, renouvelable ou à vie, selon l’affection et le handicap, et dès lors que le handicap est reconnu comme ayant un impact sur la vie professionnelle.  

Les intérêts :

⇐ adaptation du poste de travail (technique, matériel, humain, etc.) 

⇐ dispositifs dédiés à l’insertion professionnelle

Tous mobilisés pour l’emploi des travailleurs handicapés 

Agefiph – Collecte les contributions financières des entreprises soumises à l’OETH et accompagne les entreprises dans la mise en place d’une politique inclusive sur le handicap

FIPHFP – Remplit les mêmes missions que l’Agefiph, mais dans les 3 fonctions publiques

Cap Emploi – Accompagne les employeurs et leurs salariés dans le cadre des aménagements nécessaires pour garantir le succès du maintien dans l’emploi. Accompagne également les travailleurs handicapés dans leur recherche d’emploi et intégration professionnelle. 

MDPH / MTPH / MDA – Évalue les besoins de compensation et attribue des prestations / orientations (RQTH, AAH, etc.)

France Travail – Adapte les processus de recrutement, facilite l’accès à la formation et à l’emploi ou création d’activité des demandeurs d’emploi en situation de handicap​​​​​