Parfumerie Club : Préserver l’alchimie

Parfumerie Club a toujours défendu un univers qui dépasse la seule parfumerie, en mêlant beauté, maroquinerie et accessoires. Référence à Kourou depuis des décennies, l’enseigne s’est développée au fil du temps à Cayenne et à Saint-Laurent-du-Maroni, tout en préservant ce qui fait son identité : le conseil, la proximité et l’exigence. Rencontre avec Alexandra Bartaud, qui en pilote aujourd’hui le développement.

La team parfumerie club © Mathieu Delmer
La team parfumerie club © Mathieu Delmer

Parfumerie Club : Préserver l’alchimie

Parfumerie Club a toujours défendu un univers qui dépasse la seule parfumerie, en mêlant beauté, maroquinerie et accessoires. Référence à Kourou depuis des décennies, l’enseigne s’est développée au fil du temps à Cayenne et à Saint-Laurent-du-Maroni, tout en préservant ce qui fait son identité : le conseil, la proximité et l’exigence. Rencontre avec Alexandra Bartaud, qui en pilote aujourd’hui le développement.

Floriane Jean-Gilles

Qu’est-ce qui fait l’ADN de Parfumerie Club ?

Alexandra Bartaud : Sans doute le soin que nous apportons à notre clientèle. C’est ainsi que nous sommes passés d’une petite parfumerie en perte de vitesse à Kourou à un réseau de trois boutiques sur le littoral guyanais. Nous travaillons aussi en étroite collaboration avec les marques pour mieux les valoriser auprès de nos clients.

Lorsque nous avons repris Parfumerie Club en 2003, l’enseigne travaillait déjà avec de grandes signatures du sélectif, comme Dior, Guerlain ou Paco Rabanne. Elle avait en revanche perdu la distribution de plusieurs marques prestigieuses comme Yves Saint Laurent ou Lancôme, et ne bénéficiait pas encore de l’agrément Chanel. Je suis persuadée que le fait d’avoir su préserver, développer et valoriser ces belles maisons au sein de Parfumerie Club a contribué à fidéliser notre clientèle. Cela s’inscrit dans notre goût pour l’échange et dans la volonté d’offrir bien plus qu’un achat : un moment, un univers, une écoute, un conseil.

Parfumerie Club est une aventure familiale. Quels souvenirs gardez-vous du magasin quand votre mère le reprend en 2003 ?

C’était une très jolie boutique. Je garde le souvenir d’un lieu pensé comme un concept store, où l’on trouvait déjà des accessoires de mode, mais aussi de la décoration. Quand ma mère a repris l’enseigne en 2003, elle ne connaissait pas encore cet univers. C’était une vraie aventure entrepreneuriale. À ce moment-là, j’évoluais pour ma part dans l’univers de la pâtisserie, qui a été ma première passion. J’ai quitté ce milieu pour venir l’aider et partager avec elle cette aventure familiale.

J’ai ensuite choisi de repartir dans l’Hexagone avec l’idée de me former au métier de la parfumerie, avant de revenir participer au développement de l’entreprise familiale. J’ai notamment travaillé chez Marionnaud, puis chez L’Artisan Parfumeur à Bordeaux, lors de l’ouverture de la première boutique en propre de la maison dans cette ville. Ces expériences m’ont permis d’acquérir les bases du métier, ainsi qu’une véritable exigence en matière de service, de produits et d’univers du luxe.

« Un parfum ne se révèle jamais tout à fait de la même manière d’une personne à l’autre »

Alexandra Bartaud, Gérante de Parfumerie Club
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Alexandra Bartaud © Mathieu Delmer

Comment avez-vous contribué à faire grandir Parfumerie Club lorsque vous en reprenez la gérance en 2012 ?

Avant 2012, notre déménagement dans de plus grands locaux en 2009 a vraiment changé la donne : nous avons pu élargir notre offre et obtenir l’agrément de nouvelles marques. L’autre élément important a été le prix. Notre politique est de proposer des tarifs cohérents, alignés autant que possible sur ceux pratiqués dans l’Hexagone. Quand ma mère a repris l’enseigne en 2003, les prix étaient entre 20 % et 40 % plus élevés. Beaucoup de marques nous soutiennent dans cette démarche, même si ce n’est pas toujours évident.

En 2012, j’ai conservé cette même dynamique : prendre soin du client, faire des animations, consolider les partenariats avec les marques qui nous ont toujours soutenus. Nous avons su montrer que nous étions capables de respecter les exigences des marques, de former les équipes et d’organiser des animations de qualité. Les marques nous envoient régulièrement des maquilleurs pour animer des ateliers dans nos boutiques. Cela permet d’accueillir les clients dans un autre cadre, comme lors de nos soirées ventes privées, organisées deux fois par an. Le soin apporté au client et l’accueil restent ma priorité.

Au fil des années, cette exigence a aussi été reconnue par les plus grandes maisons de la parfumerie sélective. Des marques comme Chanel, Yves Saint Laurent, Prada, Lancôme ou Valentino nous ont accordé leur confiance en nous donnant l’agrément pour distribuer leurs produits. Pour une maison indépendante comme la nôtre, cette confiance a une valeur particulière : elle reflète la solidité du travail accompli, la qualité de notre positionnement et la relation construite dans le temps avec nos partenaires.

Combien de références proposez-vous ?

Nous proposons aujourd’hui plus de 4 000 références, de la parfumerie à la maroquinerie, en passant par les cosmétiques, le maquillage et les accessoires. Lorsque nous avons repris Parfumerie Club, cette diversité faisait déjà partie de son identité et nous avons tenu à préserver cet esprit. Nous l’avons en revanche rendu plus lisible et plus cohérent, en recentrant progressivement l’offre sur les univers les plus cohérents avec notre identité. Les articles de décoration, par exemple, ont disparu, tandis que l’Art d’offrir, la beauté et les accessoires de mode restent au cœur de notre proposition.

Quelle place accordez-vous aux marques locales ?

Nous essayons, autant que possible, de travailler avec des marques locales, même si elles restent encore peu nombreuses. Nous distribuons notamment Dah Yana Beauty, une très belle marque portée par Mariana Royer. Après s’être formée en dehors de la Guyane, elle a fait le choix d’y revenir pour y transmettre et y exprimer son savoir-faire. À travers cette marque, nous sommes heureux de soutenir une création locale de qualité.

Comment adaptez-vous la sélection à votre clientèle ?

Nous tentons de développer des marques de niche, encore peu présentes en Guyane, à l’image de Xerjoff. C’est l’occasion de faire découvrir des maisons plus exclusives et différenciantes, même si nous ne représentons pas toujours un marché suffisant pour certaines d’entre elles. Nous cherchons aussi à proposer la gamme la plus large possible, mais nous nous heurtons parfois à des contraintes de catalogue. Les produits pour le bain, par exemple, sont très appréciés ici, alors qu’ils ne sont pas toujours disponibles pour notre marché. Il en a été de même pour les teintes de maquillage : il a fallu du temps pour obtenir des références adaptées à la diversité des carnations guyanaises. C’est un travail de longue haleine, mené avec des fournisseurs qui nous accompagnent avec confiance.

Comment trouve-t-on son parfum ?

C’est un peu magique… Quand on échange avec sa conseillère ou son conseiller, et qu’on explique ce que l’on aime, on peut se laisser surprendre par des propositions auxquelles on n’aurait pas pensé. Notre rôle est de favoriser cette découverte. Trouver son parfum, c’est aussi trouver une fragrance qui nous ressemble, comme un prolongement de soi. Ensuite, le test sur la peau reste essentiel : un parfum ne se révèle jamais tout à fait de la même manière d’une personne à l’autre.

Avec ma mère, par exemple, nous partagions parfois les mêmes goûts, mais nous ne pouvions pas forcément porter les mêmes parfums, car ils n’avaient pas du tout le même rendu sur nos peaux, qui semblaient pourtant proches. C’est aussi cela, la magie du parfum. La peau, le climat et l’humidité influencent sa diffusion et son évolution, et c’est particulièrement vrai en Guyane. On peut ensuite prolonger la tenue et le sillage avec des produits pour le corps assortis, qui prolongent aussi le plaisir de porter son parfum, et souvent la confiance en soi qui l’accompagne.

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© Mathieu Delmer

Quels sont vos prochains projets de développement ?

Lorsque j’ai repris la gérance en 2012, ma volonté était claire : donner à Parfumerie Club une structure, une vision et une trajectoire de développement. Il s’agissait de faire vivre un réseau solide, exigeant et durable, capable d’incarner en Guyane une certaine idée de la parfumerie sélective. Cette ambition s’est concrétisée avec l’ouverture du magasin de Saint-Laurent-du-Maroni en 2018, puis de celui de Cayenne en juin 2025. Aujourd’hui, cette présence à Kourou, Saint-Laurent-du-Maroni et Cayenne fait de Parfumerie Club le seul réseau de parfumeries sélectives présent à la fois sur ces trois pôles du littoral guyanais.

Je souhaite désormais renforcer notre présence sur Internet, même si cela reste complexe compte tenu des contraintes propres à notre univers et à certaines marques. Par ailleurs, j’aimerais développer à Cayenne des ateliers soins et des cours de maquillage.

Le magasin de Cayenne marque une étape importante dans notre évolution : il exprime encore davantage notre volonté de monter en gamme, avec une place plus affirmée donnée aux marques de niche, aux bijoux et à la maroquinerie. C’est également, à ce jour, le seul magasin où nous proposons des maisons comme Lancel, Le Tanneur et GAS Bijoux.

Justement, qu’est-ce qui fait de Parfumerie Club une enseigne profondément guyanaise ?

J’ai la chance de travailler avec des équipes formidables, et le développement de Parfumerie Club est très lié aux belles rencontres faites au fil des années. Nous nous sommes développés à Saint-Laurent-du-Maroni parce qu’une ancienne stagiaire de Kourou, qui avait créé son institut de beauté là-bas, me disait que ses clientes souhaitaient avoir accès à nos produits. C’est en grande partie grâce à elle que je me suis lancée dans cette ouverture, et elle a ensuite dirigé le magasin pendant plusieurs années. La responsable actuelle de Saint-Laurent est une ancienne apprentie de Kourou. La responsable de développement du réseau est, elle aussi, une ancienne collaboratrice partie plusieurs années à La Réunion avant de revenir travailler à mes côtés. J’ai la chance d’avoir su fidéliser des personnes de confiance, et cela compte énormément dans une aventure comme la nôtre.

Aujourd’hui, je poursuis le développement de Parfumerie Club avec la même conviction : faire grandir une entreprise familiale, indépendante et enracinée, capable d’allier les standards de la parfumerie sélective à une vraie proximité avec le territoire guyanais et avec celles et ceux qui y vivent.