Intervig « Nourrir le territoire avec ses propres ressources »
Entre défis économiques et essor de la production locale, les filières porc et œufs s’affirment comme des leviers clés pour renforcer l’autonomie alimentaire en Guyane. Brice Augustin-Constantin, secrétaire général d’INTERVIG*, en décrypte les enjeux.
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Centre de conditionnement de la coopérative avicole et cunicole de Guyane (CACG) ©Intervig
Intervig « Nourrir le territoire avec ses propres ressources »
Entre défis économiques et essor de la production locale, les filières porc et œufs s’affirment comme des leviers clés pour renforcer l’autonomie alimentaire en Guyane. Brice Augustin-Constantin, secrétaire général d’INTERVIG*, en décrypte les enjeux.
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Quel est le rôle d’INTERVIG dans le développement des filières porc et œufs ?
Brice Augustin-Constantin : INTERVIG accompagne la structuration des filières, de l’amont à l’aval, tout en assurant leur promotion. Nous faisons le lien entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs, afin d’adapter la production aux besoins du territoire. L’objectif est clair : mieux organiser les filières pour gagner en efficacité et en autonomie.
Comment se porte la filière œuf en Guyane aujourd’hui ?
La filière œuf est aujourd’hui l’une des plus structurées. Elle repose sur deux coopératives et un acteur privé qui ont produit ensemble plus de 20 millions d’unités en 2025. Cela nous permet de couvrir 100 % des besoins locaux, sans aucune importation. Mais cette réussite reste fragile. Un marché parallèle, sans traçabilité, se développe et menace l’équilibre de la filière structurée.
Et du côté de la filière porcine ?
La filière porcine est plus instable. Elle fonctionne en « dent de scie », avec des périodes de forte production suivies de difficultés d’écoulement. Le manque de transformation est un vrai frein. Aujourd’hui, nous vendons majoritairement des carcasses. Après une baisse liée à la hausse du coût de l’alimentation pendant la COVID, la filière connaît une vraie redynamisation depuis 2025, qui se confirme en 2026. En 2025, sur le segment du frais, la part de marché du porc local – incluant la viande fraîche et congelée – atteint un taux de couverture de 11 %. En revanche, si l’on considère uniquement la viande fraîche, ce taux s’élève à 87 %.
« La filière œuf est aujourd’hui l’une des plus structurées. Elle repose sur deux coopératives et un acteur privé qui produisent ensemble plus de 20 millions d’unités en 2025 ».
Deux filières essentielles dans l’agriculture locale ?
Elles participent pleinement à la dynamique agricole du territoire. La filière porcine, notamment, se structure avec la mise en place d’un atelier multiplicateur qui permettra d’améliorer la génétique locale. À terme, cela doit permettre d’augmenter les rendements et de stabiliser la production.
Les consommateurs privilégient-ils les produits locaux ?
Oui, clairement. Les Guyanais ont une vraie préférence pour les produits locaux, qu’ils jugent meilleurs sur le plan gustatif et qualitatif. Mais sur le porc, le prix reste un frein. La consommation est encore occasionnelle.
Comment améliorer la présence du porc local ?
La clé reste l’augmentation des volumes. Plus on produit, plus les prix peuvent baisser, ce qui rendra ces produits accessibles à un plus grand nombre. C’est déjà ce que l’on observe : avec la hausse de la production, les prix commencent à diminuer.
La Guyane peut-elle atteindre l’autonomie alimentaire ?
Sur l’œuf, oui, nous y sommes déjà. Mais il faut rester vigilant face au marché informel. Sur le porc, l’autonomie est encore un objectif à atteindre, mais les bases sont là.
Quels sont les prochains défis à relever ?
Le défi est double : garantir une juste rémunération des producteurs tout en permettant aux Guyanais d’accéder à une alimentation locale de qualité. C’est tout l’enjeu de ces filières : nourrir le territoire avec ses propres ressources.
(*) Interprofession de l’Élevage et Viandes de Guyane
Des investissements nécessaires à plusieurs niveaux
– dans la transformation, encore trop peu développée
– dans l’installation de nouveaux éleveurs
– dans la transmission des exploitations, indispendable pour structurer durablement les filières