Rémy Rejaudry, bâtisseur discret
Rémy Réjaudry, président de l'association des Élèves Ingénieurs de Guadeloupe © Lou Denim
Rémy Rejaudry, bâtisseur discret
Sa source d’inspiration ? Rémy Rejaudry, Martiniquais de 22 ans, n’a pas eu besoin d’internet ou de la télévision pour la trouver. « Les membres de ma famille sont mes modèles », confie-t-il. « Ce sont des personnes impliquées, courageuses, engagées avec un goût prononcé pour le travail bien fait. Elles ne m’ont jamais poussé à faire des études, mais elles m’ont toujours encouragé à donner le meilleur de moi-même. C’est donc avec cet état d’esprit que je me suis lancé après le bac, sans conviction au départ. Mais j’ai vite compris qu’aujourd’hui, il faut se spécialiser pour augmenter ses chances. »
Pour quelqu’un qui manquait d’ambition, Rémy a rapidement trouvé sa voie. Après un bac technologique STI2D (sciences et technologies de l’industrie et du développement durable), il poursuit avec un BTS ATI (assistant technique d’ingénieur) et une prépa ATS (adaptation technicien supérieur), à Toulouse, pendant un an, avant d’intégrer l’école d’ingénieurs de l’université des Antilles, sur le pôle Guadeloupe, où il suit la spécialité « Énergétique ». Cette formation de trois ans le prépare à « concevoir, optimiser et gérer les procédés et installations liés à la production, au stockage et à la distribution d’énergie, notamment à partir de sources renouvelables ».
Acteur de son territoire
Actuellement en 2e année, il a choisi de mettre son énergie au service de ses camarades en devenant président de l’association Élèves ingénieurs Guadeloupe (EIG), seul candidat à la fonction. Sans chercher à se mettre en avant, il préfère agir là où il se sent utile. Il conçoit d’ailleurs sa mission — accompagner les étudiants, faciliter la cohésion entre les promotions et créer des liens avec le monde professionnel — comme un réel levier de réussite.
« Cette association m’a aidé lorsque j’étais en 1re année. J’ai donc eu envie de reprendre le flambeau pour que les étudiants se sentent bien tout au long de leur cursus. Grâce au fonds de solidarité et de développement des initiatives étudiantes (FSDIE), nous pouvons organiser des événements à moindre coût, ce qui est essentiel pour des étudiants aux moyens souvent limités », explique-t-il.
L’objectif est simple : permettre aux étudiants de tisser des liens. Et les effets se font rapidement sentir avec davantage d’entraide, de soutien et de solidarité au sein des promotions. L’association joue également un rôle d’interface avec les anciens élèves aujourd’hui ancrés professionnellement, afin d’accompagner la recherche de stages « toujours difficile ». À terme, un projet de plateforme en ligne est à l’étude pour recenser les entreprises ayant déjà accueilli des étudiants ingénieurs.
Après « quelques années d’expérience à l’étranger », Rémy souhaite construire sa vie aux Antilles, malgré ses réalités parfois difficiles et devenir un « acteur » de son territoire, notamment dans le domaine de la production, qu’il s’agisse d’énergie ou de biens industriels. Il veut apporter ses compétences et son énergie tout en explorant le monde. « J’aimerais visiter chaque continent, mais avant tout et surtout, découvrir, une à une, l’ensemble des îles de la Caraïbe », conclut-il.
Qu’aimerais-tu changer ?
« J’aimerais voir cesser ces problèmes d’eau récurrents en Guadeloupe. Les étudiants sont particulièrement touchés, notamment dans les bâtiments du CROUS*. L’an dernier, dans mon logement, il n’y a pas eu d’eau tous les deux jours. C’est très compliqué de vivre et a fortiori d’étudier, dans ces conditions. »
*CROUS : centre régional des œuvres universitaires et scolaires.