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CTM : les dispositifs et budgets de la formation professionnelle
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CTM : les dispositifs et budgets de la formation professionnelle 

Élever son niveau de compétences est une clé essentielle de l’insertion économique et professionnelle, et une ambition affichée de la CTM
pour chaque Martiniquais.

Par Mathieu Rached

La formation professionnelle tout au long de la vie pour tous les Martiniquais et Martiniquaises est une compétence majeure de la Collectivité Territoriale de Martinique.

En 2018, elle y a consacré plus de 52M€, répartis entre la formation professionnelle (plus de 42M€) et l’apprentissage (plus de 10M€)*.

La mission de formation de la CTM

La CTM a en charge tous les demandeurs d’emploi, avec l’obligation de faire acquérir les premières compétences et les premières qualifications afin de se rapprocher au mieux du monde du travail.

Mais plus largement, au delà de cette mission première, elle a également vocation à participer activement au développement des compétences et de la qualification des salariés et des agents de la fonction publique.

Ce faisant, la CTM remplit une mission double : ne laisser personne soit dans une difficulté soit dans une position fermée et répondre aux dynamiques de développements de secteurs clés de l’économie du territoire, présents et futurs.

« C’est un levier incontournable du développement économique et de l’emploi » défend Francine Carius, la présidente de la Commission formations et apprentissage, engagée dans ce domaine de réflexion et d’action depuis 2004.

« Les différentes offres de formation permettent de manière très concrète, et au plus près de la réalité de terrain, l’adéquation entre le besoin et la ressource du territoire en termes de compétences », poursuit celle qui est également présidente de l’IMFPA (Institut Martiniquais de Formation Professionnelle des Adultes).

Pour mieux mesurer le rôle du Schéma Territorial de Formation et le paysage de la formation en Martinique, Francine Carius nous a accordé un entretien en marge de la séance plénière de l’assemblée de Martinique, le 15 février dernier.  


Entretien avec Francine Carius, en charge de la formation et de l’apprentissage

CTM-Francine-Carius-Formation

Sur quelles structures s’appuie la CTM dans la mise en place de sa politique de formation ? 

Francine Carius : Cela passe d’abord par le soutien financier de nombreuses structures telles l’EFPMA, les missions locales (Cacem, Espace sud, Cap Nord), les écoles de la deuxième chance, le RSMA, LADOM… engagées en faveur d’une insertion durable des publics fragilisés.

Au-delà de quoi, la Collectivité Territoriale conçoit ses propres dispositifs de formation conformément aux besoins du territoire.

Cette offre de formation émanant de la Collectivité s’appuie sur quatre axes :

  • les quatre centres de formation des apprentis (agricole, BTP, tertiaire et industrie)
  • l’IMFPA
  • l’Institut Martiniquais du Sport (IMS)
  • un programme territorial de formations pour couvrir l’ensemble des besoins

L’IMFPA a été crée en 2016, quelle place occupe-t-il aujourd’hui ? 

L’IMFPA concerne tous les publics demandeurs d’emploi, inscrits à Pôle Emploi, déployant une offre qualifiante sur tout le territoire. Et pour cela l’institut met en place et démarre ses propres formations avec l’aval de la Collectivité.

En tant que satellite de la CTM, la structure peut répondre aux besoins du monde économique avec beaucoup de réactivité, quasiment du jour au lendemain et mettre en place telle ou telle formation pour tel ou tel public conformément aux besoins identifiés auprès des secteurs économiques.

Ça représente combien de stagiaires ? 

1500 stagiaires en 2018, dont les cursus ont été sanctionnés par un titre du ministère du travail. Nous voulons continuer à monter en compétence en 2019 et visons l’accueil dans nos formations de 2000 stagiaires. 

Pour parfaire notre mission, nous avons mis un point d’honneur à créer un outil innovant, une plateforme baptisée PA2PI, un appui-conseil renforcé qui mobilise formateurs, conseillers psycho-pédagogiques et conseillers en parcours de formation, afin de proposer un accueil personnalisé et construire un projet professionnel pérenne.

La clé de l’offre de formation régie par la CTM repose-t-elle sur cette capacité à s’adapter à l’environnement économique et humain ?

En étant attentif aux besoins du monde économique et plus largement du territoire, on a pu mettre en place et guider des stagiaires dans des formations pointues comme c’est le cas pour la fibre optique, les formations sanitaires et aujourd’hui la formation amiante.

En tant qu’opérateur avec une mission de service public, l’IMFPA met en place chaque année un programme de formation réfléchi, décidé et analysé en fonction des besoins du territoire.

En complément de quoi, l’an dernier, une cinquantaine d’offres de formations ont été proposées dans le cadre du programme territorial de formation.

C’est notamment le cas pour des formations nécessitant un plateau technique particulier, ou des capacités d’accueil plus adaptées. De même, nous mettons en place des programmes de mobilité qui peuvent intervenir si la formation n’est pas dispensée sur le territoire alors qu’il existe un besoin local.

L’autre aspect de la politique de formation de la CTM, c’est que chaque Martiniquais qui s’engage dans un programme de formation reçoit une aide financière…

C’est un devoir de la Collectivité de proposer ces formations, elles doivent être comprises et utilisées de cette manière, indépendamment de l’allocation (allouée par la CTM et versée par Pôle Emploi, ndlr).

C’est une chance d’acquérir de nouvelles compétences, on vient en formation pour réaliser son projet et accueillir des compétences. Et le fait de pouvoir recevoir une allocation ne veut pas dire que l’on est payé pour venir en formation…

Cette aide à laquelle consent la Collectivité est mise en place pour accompagner les Martiniquais et les Martiniquaises dans leurs projets et leur réussite. 

Quid des actifs ? Ceux qui s’engagent sur la voie de la formation sont-ils eux aussi aidés financièrement ? 

Absolument, un accompagnement de la CTM est également prévu et en œuvre dans le cadre de la formation des actifs, au titre de l’Aide Individuelle à la Formation.

La Collectivité intervient en complément des organismes OPCA, en prenant à sa charge 50 % de ce qui reste à la charge du stagiaire.

Les dispositifs sont suffisamment bien connus du public ?

La population devrait sans doute pouvoir mieux mesurer l’impact et la valeur de certains dispositifs. Cette qualité d’offre de formation multisectorielle ne constitue pas une faveur faite aux Martiniquais… c’est un droit et une compétence de la Collectivité.

A ce titre, du 25 au 29 mars, prendra place une nouvelle édition du « Championnat territorial des apprentis », qui va regrouper les apprentis sélectionnés dans les quatre CFA.

L’idée étant de promouvoir et montrer au grand public la pertinence de l’apprentissage avec un slogan : « l’aprentisaje sé chimin tout métier ». Pour ce championnat, 45 jeunes issus des 15 sections d’apprentissage vont concourir en même temps pendant une semaine et être évalués par un jury. Le gagnant se verra offrir un voyage pédagogique dans un pays de la Caraïbe.


Focus : 4 questions à Daniel Marie-Sainte, conseiller exécutif en charge de la formation professionnelle et de l’apprentissage

Daniel-Marie-Sainte-CTM-Formation

En 2016, sur l’ensemble du territoire, les instituts de formations ont dispensé des formations à 52192 stagiaires dont une majorité de salariés.

Quelle efficacité attribuez-vous à la formation pour relever les défis du territoire et de l’emploi ? 

Daniel Marie-Sainte : Même si la formation ne peut garantir à elle seule un emploi, donc un contrat chez un employeur, être formé c’est mettre toutes les chances de son côté.

Nous veillons à ce que tous les Martiniquais demandeurs d’emploi aient un accès gratuit aux formations qui leur sont nécessaires. Concrètement, c’est une réponse efficace aux questions de l’emploi. Il suffit de regarder les statistiques de Pôle Emploi, de manière dynamique : plus on est qualifié moins on reste longtemps dans les fichiers de Pôle Emploi.

A condition de s’assurer de la qualité des formations dispensées… 

Bien entendu, et c’est pourquoi la CTM assure également le renforcement des compétences des professionnels de la formation, de l’orientation et de l’emploi dans le cadre des missions confiées à l’AGEFMA, en particulier le programme de professionnalisation des acteurs de la formation.

Je préside, par ailleurs, l’AGEFMA en tant que représentant du président du Conseil Exécutif de la CTM.

A ce titre, nous habilitons annuellement les formations ouvertes aux demandeurs d’emploi dans le cadre du compte personnel de formation.

Comment se définit et s’enrichit le catalogue des formations ?

Le programme des formations, qui font partie intégrante de la politique territoriale de formation professionnelle et d’apprentissage de la Collectivité, est régulièrement revu à l’aune des besoins du pays et des différents indicateurs.

Cette offre de formation s’élabore ainsi à partir des recommandations de l’organisme AGEFMA, dont le conseil d’administration rassemble tous les partenaires institutionnels et sociaux et qui conduit des études prospectives au niveau des différentes branches professionnelles en se basant sur les besoins du territoire et les personnes concernées.

Une fois les besoins établis, comment se mettent en place tel ou tel programme ? 

Sur la base de cahiers des charges précis, les appels d’offres sont passés.

Le choix des prestataires de formation se base sur des critères portant la valeur technique de la formation (60%) et ensuite évidemment sur le coût de cette formation ramené en coût heure/stagiaire (40%).


Chiffres (2018). Bilan et répartition des budgets alloués par la CTM à la Formation Professionnelle et à l’Apprentissage.

  • Budget total : 52 427 851,72€
  • Formation professionnelle : 42 008 312,69€
  • Apprentissage : 10 419 539,03€

Partenaires de la CTM

RSMA-M (Régiment du Service
Militaire Adapté de la Martinique)
1M€
Mission Locale du Centre 222 500€
Mission Locale du Nord 290 000€
Mission Locale du Sud 228 750€
E2C Centre 300 000€
E2C Sud230 000€
IMFPA
(Institut Martiniquais de Formation
Professionnelle des Adultes)
8,5 M€
IMS (Institut Martiniquais du Sport) 1 137 446,51€
EFPMA
(Ecole de Formation Professionnelle
Maritime et Aquacole)
1,83 M€

Opérateurs

PÔLE EMPLOI 13 094 708€
– Aides individuelles, rémunération et
cotisations sociales des stagiaires de la formation
12 744 708€
– Dotation de mise en oeuvre de la convention 350 000€
LADOM (L’Agence De l’Outre-mer pour la Mobilité) 2,4 M€
AGEFMA (Association de Gestion de l’Environnement de la Formation en
Martinique)
1,7 M€

Apprentissage

CFA AGRICOLE 608 486€
CFA TERTIAIRE2,657 M€
AMEP CFA BTP1 997 629€
CFA METIERS3 454 651€

Programme d’action de formation professionnelle

(réalisé par les centres de formation retenus après appels d’offres)
4 874 880,28€

www.collectivitedemartinique.mq
FB @collectivitedemartinique
Twitter @CT M_Martinique


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