Comment les Antillais lisent-ils leur propre langue dans la littérature ?

Chaque mois, à travers notre série dédiée aux thèses en cours, nous explorons les coulisses de travaux souvent méconnus, mais essentiels à la compréhension de notre identité et de notre culture. Ce mois-ci, nous rencontrons Cassandre Blameble. Alors qu'elle s'apprête à soutenir sa thèse en septembre 2026, cette chercheuse passionnée nous plonge au cœur d'un sujet fascinant : le miroir linguistique. 

Cassandre Blameble © Lou Denim
Cassandre Blameble © Lou Denim

Comment les Antillais lisent-ils leur propre langue dans la littérature ?

Chaque mois, à travers notre série dédiée aux thèses en cours, nous explorons les coulisses de travaux souvent méconnus, mais essentiels à la compréhension de notre identité et de notre culture. Ce mois-ci, nous rencontrons Cassandre Blameble. Alors qu'elle s'apprête à soutenir sa thèse en septembre 2026, cette chercheuse passionnée nous plonge au cœur d'un sujet fascinant : le miroir linguistique. 

Sarah Balay

Quel est l’intitulé de votre thèse ?

Ma thèse s’intitule : « La réception de la représentation du français régional dans la littérature antillaise : acceptation ou rejet par le lectorat endogène ? » Elle est co‑dirigée par le Pr. André Thibault (Sorbonne‑université) et Mme Laura Cassin (université des Antilles). Ma soutenance est programmée en septembre 2026, en Guadeloupe.

Si vous deviez résumer vos travaux en une seule phrase ?

J’étudie comment les Antillais lisent et perçoivent la littérature de leur région, en me concentrant sur la langue utilisée dans les textes, plutôt que sur les sujets ou thèmes abordés. Je cherche, par exemple, à comprendre comment les Antillais perçoivent la présence d’un mot en créole dans une phrase écrite en français dans la littérature antillaise.

Quelles sont les applications concrètes de votre étude ?

Afin d’analyser la réception de la représentation du français régional dans la littérature antillaise, je m’appuie sur trois enquêtes qualitatives.

  • La première interroge le grand public à partir d’exemples de français régional antillais issus de la littérature antillaise.
  • La deuxième, destinée aux enseignants de lettres, vise à savoir s’ils analysent la langue dans la littérature antillaise avec leurs élèves et dans quelle mesure.
  • Enfin, une dernière enquête s’adresse aux écrivains de la littérature antillaise afin de connaître leur rapport à la langue dans le processus de création et les éventuelles stratégies mises en place afin d’insérer le français régional antillais dans leurs œuvres.

Ainsi, mon étude contribuera, d’une part, à enrichir les recherches – aujourd’hui peu nombreuses – sur la réception de la littérature antillaise, et d’autre part, à alimenter les recherches sociolinguistiques qui s’intéressent au français régional antillais et à la réception de sa représentation dans la littérature antillaise.

Quels sont vos projets après votre soutenance ?

Parallèlement à la rédaction de ma thèse, j’interviens en tant qu’enseignante de langue française auprès des étudiants de lettres modernes de l’UFR Roger Toumson, à Saint-Claude. Après la soutenance de ma thèse, j’envisage de poursuivre dans l’enseignement supérieur, en Guadeloupe, en tant que maître de conférences en langue et littérature française spécialisée en linguistique et sociolinguistique des Antilles. J’entends évidemment poursuivre mes recherches et continuer à produire des articles scientifiques.