De 5 000 € à 50 000 € : les business angels, particuliers qui entrent au capital de l’entreprise

Ils n’existent pas que sur le plateau télévision de « Qui veut être mon associé ? », sur M6 ; des chefs d'entreprise ou simples particuliers qui souhaitent investir localement pourraient faire la différence. Le contexte économique ou sociétal pourrait encourager chacun à regarder d’un œil nouveau son écosystème de proximité et à y participer directement. Au niveau national le réseau de Business Angels encourage et structure ces mises en relations, une association créée en Guyane veut jouer ce rôle sur nos 3 territoires. Interview avec Jean-Christophe Laleu, président de Business Angels Guyane.

© Kateryna Arkhypova - stock.adobe.com
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De 5 000 € à 50 000 € : les business angels, particuliers qui entrent au capital de l’entreprise

Ils n’existent pas que sur le plateau télévision de « Qui veut être mon associé ? », sur M6 ; des chefs d'entreprise ou simples particuliers qui souhaitent investir localement pourraient faire la différence. Le contexte économique ou sociétal pourrait encourager chacun à regarder d’un œil nouveau son écosystème de proximité et à y participer directement. Au niveau national le réseau de Business Angels encourage et structure ces mises en relations, une association créée en Guyane veut jouer ce rôle sur nos 3 territoires. Interview avec Jean-Christophe Laleu, président de Business Angels Guyane.

Mathieu Rached

Qui peut devenir un business angel ?

Jean-Christophe Laleu : C’est avant tout un particulier, généralement entrepreneur ou ancien cadre supérieur à la retraite, avec des capitaux personnels, et qui souhaite diversifier ses placements en investissant dans des sociétés non cotées, et plutôt des startups. Autrement dit, c’est quelqu’un qui est capable de prendre des risques (celui de perdre son argent) et d’investir dans des projets avec un retour sur investissement potentiel x10, x100… À côté de cette définition très anglo-saxonne du business angel, il existe une dimension à ne pas sous-estimer notamment sur nos territoires ultramarins, celle d’investir son argent dans des projets qui ont un certain sens davantage qu’ils ne rapporteront.

Ça signifie investir dans une entreprise qui n’aura pas la trajectoire de croissance d’une startup ?

C’est-à-dire que, par exemple, vous pourriez choisir d’investir dans la boulangerie d’à côté, parce qu’en habitant dans un endroit, on peut avoir envie que ce commerce essentiel et de proximité nous ressemble, qu’il ressemble aux gens du territoire, à la culture territoire, et qu’il ne s’agisse pas d’un produit industriel importé tel quel d’ailleurs. Donc, il y a des gens qui sont susceptibles d’investir dans des projets, pas forcément pour la rentabilité, mais pour avoir des produits qu’ils souhaitent avoir à disposition près de chez eux. Bien sûr, ils ne veulent pas perdre d’argent, mais ils savent qu’ils se positionnent sur des projets à potentiel financier restreint.

On peut donc devenir business angel pour diverses raisons et à différentes hauteurs d’investissement ?

Absolument et c’est l’une des vocations de Business Angels Guyane : informer les acteurs du territoire et encourager les entreprises à structurer leur business, leur plan d’action, et à s’entourer des professionnels compétents pour pouvoir se présenter ensuite à des investisseurs privés potentiels de différentes envergures. Avant de faire les mises en relation, l’association assure une étape de filtre pour identifier les projets qui ont du sens et un avenir.

Sur quels critères les évaluez-vous ?

Nous sommes deux cofondateurs avec de nombreuses années d’expertise et le réseau qui va avec. Dans mon activité professionnelle, je dirige un cabinet conseil en stratégie organisation, spécialisé dans les TPE et PME. Autrement dit, je monte des boîtes tous les jours depuis 20 ans, principalement dans la tech à Paris et depuis 5 ans ici, en Guyane, dans différents secteurs (construction, BTP, etc.). Abhinav Agarwal est, lui, également entrepreneur et formateur, spécialiste de l’innovation par les contraintes.

Beaucoup d’entreprises sont-elles financées de la sorte aux Antilles-Guyane ?

L’association a permis de concrétiser 10 accords pour un montant total d’à peu près 100 000 euros investis par des particuliers. On est toujours en phase de démarrage et de pédagogie auprès des porteurs de projets comme des investisseurs. Les gens nous contactent et prennent des informations, et chaque mois nous nous déplaçons avec la CCI dans une nouvelle ville pour des réunions d’information avec l’ensemble de l’écosystème d’accompagnement aux créateurs d’entreprise. À terme, d’ici quelques mois, constituer un pool d’adhérents aux Antilles-Guyane permettra de leur faire bénéficier du réseau national, en ouvrant l’investissement à des financeurs d’Hexagone par exemple et aussi en ciblant des investisseurs experts (alimentation, santé, cosmétique, etc.) pour des entreprises guyanaises spécialisées dans ces domaines.