Droits des femmes : renforcer le maillage à l’échelle nationale
Le 18 octobre dernier s’est tenue l’inauguration de l’Association information droits des femmes Martinique (IDFM), qui préfigure l’ouverture d’un centre dédié d’envergure nationale, afin de renforcer l’accompagnement en la matière.
Léa Jolivet, juriste au CIDFF © Jean-Albert Coopmann
Droits des femmes : renforcer le maillage à l’échelle nationale
Le 18 octobre dernier s’est tenue l’inauguration de l’Association information droits des femmes Martinique (IDFM), qui préfigure l’ouverture d’un centre dédié d’envergure nationale, afin de renforcer l’accompagnement en la matière.
Les CIDFF ou Centres d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles constituent le premier réseau pour l’accès aux droits des femmes en France. Ce réseau regroupe aujourd’hui 98 associations locales et 13 fédérations régionales. Il se décline également à Mayotte, en Polynésie française, en Guadeloupe et en Guyane. Une présence renforcée en outre-mer qui découle d’une volonté de l’État de doter chaque territoire ultramarin de son propre CIDFF.
Renforcer l’accès à l’information et l’accompagnement sur le territoire
« Ce projet est né d’un constat : les femmes et familles martiniquaises manquaient d’un lieu où être écoutées, informées et accompagnées vis-à-vis de leurs droits. Nous avons donc créé un espace de proximité ancré localement et connecté au réseau national, dans l’optique de renforcer la cohérence et la continuité des parcours d’aide existants, à destination notamment des femmes victimes de violences », précise Frédérique Timon, présidente d’IDFM.
L’appellation CIDFF et le développement des services qui en découlent sont soumis à un agrément délivré par l’État après un an d’ancienneté minimum. « Il existe bien évidemment des organisations féministes en Martinique, qui accompagnent les femmes victimes de violences et œuvrent en faveur de leurs droits. Ces structures ont aujourd’hui une identité très forte, construite avec labeur au fil des ans. Pour ces dernières, il était inconcevable de mettre de côté leur identité et tout le travail accompli, reconnu à l’échelle nationale. D’où la création d’une structure ad hoc et préfiguratrice pour porter ce projet. Ce qui était recherché : un profil familier des spécificités locales, de la réalité et des besoins du terrain. Étant juriste de formation et engagée pour la cause depuis l’âge de 16 ans, je me suis donc proposée », explique Frédérique Timon.
Soutenir et développer le tissu associatif local et régional
« Nous avons une spécificité : l’information juridique en vue de faciliter l’accès à la justice, à la santé, à l’emploi, à l’accompagnement social, à l’égalité femmes-hommes. L’accès aux droits est notre mission principale, suivie de l’insertion socioprofessionnelle. IDFM et le CIDFF à venir, constitue donc un maillon supplémentaire de la chaîne. À ce titre, nous travaillons en lien étroit avec les acteurs en place : les services de santé, de justice, les collectivités et les acteurs sociaux. Nous sommes par ailleurs partenaires du Mouvement du Nid et de la Maison des Femmes. Notre objectif est d’articuler notre action avec les dispositifs existants et de mutualiser les outils et ressources disponibles autant que possible. Et parce que les outre-mer sont riches en spécificités, il est aussi important de souligner qu’il existe une fédération régionale qui tient compte de nos similitudes comme de nos singularités », souligne Frédérique Timon.