Klòdékòn pa vlé di jaden kréyòl fini !
La contamination des sols par la chlordécone est certes une réalité sur nos territoires. Pour autant, toutes les terres ne sont pas polluées et toutes les productions agricoles n’y sont pas sensibles. Un mot clé : la connaissance.
- Article en partenariat
- Santé et bien-être
Frédéric Bourseau, animateur jardin créole pour JAFA et agriculteur biologique
Klòdékòn pa vlé di jaden kréyòl fini !
La contamination des sols par la chlordécone est certes une réalité sur nos territoires. Pour autant, toutes les terres ne sont pas polluées et toutes les productions agricoles n’y sont pas sensibles. Un mot clé : la connaissance.
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- Santé et bien-être
Toute la guadeloupe n’est pas contaminée !
« Selon les lieux et les quantités épandues, existent des variations de niveaux de pollution, explique Frédéric Bourseau, animateur jardin créole pour JAFA et agriculteur biologique. Ainsi, la Grande-Terre et le Nord Basse-Terre sont moins impactés. Pour autant, comme il a pu y avoir des usages dérivés sur d’autres productions, pratiquer des analyses de sol reste la seule manière de savoir si les terres ne sont pas polluées. »
Des analyses gratuites à la demande
La connaissance est donc le socle d’une santé préservée et d’un jardin créole nourricier sans se contaminer, en toute sécurité. « Quand on veut planter dans son jardin, il faut se poser une question : est-ce que je peux le faire sans risque ? Nous pratiquons à la demande des particuliers des analyses gratuites de sol sur leur terrain dans toute la Guadeloupe. » C’est la première étape : détecter par des analyses la présence de chlordécone dans les prélèvements du sol. Les tests sont fiables.
Nous avons planté hors-sol
Depuis 2019, nous avons, avec l’association Gallard Doubout, un projet de jardin créole. Nous avons fait analyser le sol par JAFA et nous avons découvert que le sol était moyennement pollué (entre 100 et 1000 micro-grammes’), ce qui ne permet pas la production de racines et tubercules. Nous n’avons pas pour autant abandonné notre projet, mais nous l’avons aménagé sur les recommandations de l’animateur. Nous avons planté hors-sol, en bacs, des racines avec une matière organique indemne, directement en terre pour certaines variétés, et nous avons planté des arbres fruitiers. Nous cultivons de l’amarante, des tomates, des poivrons, des piments, des gombos, des pois de bois.
Monique Étienne, Présidente de l’association GALLARD DOUBOUT À Saint-Claude
(1) Teneur en ug de chlordécone par kg de terre sèche
Ce qu’il est possible de cultiver
La deuxième étape dépend des résultats de l’analyse en laboratoire.
- S’il n’y a aucune pollution (dans 60 à 70 % des cas), les pratiques culturales peuvent être poursuivies en toute tranquillité.
- « Les jardins pollués sont plutôt rares, mais même s’ils le sont, les chercheurs préconisent selon les cas des espèces et variétés moins sensibles à la chlordécone. Les plantes très sensibles peuvent être cultivées en bac. »
- Ainsi seule une analyse permet de savoir si le sol est pollué, à quel niveau et ce qu’il est possible de cultiver.
Les végétaux
Tous les végétaux n’ont pas la même sensibilité au transfert de chlordécone. Certains pourront être cultivés sans risque, même sur une terre fortement polluée. D’autres nécessitent des adaptations.
Les animaux
Quelles sont les sources de contamination ?
L’eau, l’alimentation et le sol où les animaux sont élevés.
Comment ?
Les animaux élevés en contact avec le sol ingèrent directement ou indirectement de la terre. Si la terre est polluée, l’animal va concentrer la chlordécone dans son organisme et en rejeter une partie via ses excréments. Une poule élevée sur un sol contaminé même faiblement est exposée à la chlordécone. Les teneurs peuvent être très élevées dans le foie et l’œuf.
Et les œufs ?
Ils deviennent à leur tour de forts contaminants, d’autant qu’ils sont présents dans de nombreuses préparations (gâteaux…) auxquelles toute la famille a accès. « Dans la zone du croissant bananier, nous prélevons systématiquement les œufs en même temps que la terre pour procéder à une analyse, explique Frédéric Bourseau. Hors du croissant, si la terre s’avère contaminée, on reviendra procéder à une analyse des œufs. Des alternatives existent : un poulailler hors-sol par exemple. »
Une décontamination est-elle possible ?
Les animaux peuvent se décontaminer progressivement si leur exposition cesse. « Une poule peut se décontaminer si elle n’est pas exposée à un sol pollué pendant huit semaines en moyenne. »
Bon à savoir !
Si vous êtes un professionnel, SANIGWA peut vous accompagner pour gérer au mieux le risque chlordécone sur votre exploitation en vue de fournir une viande bovine conforme aux exigences sanitaires.
Des solutions concrètes
La culture hors-sol
Même lorsque la pollution du sol dépasse les niveaux requis, la culture reste possible, à condition qu’elle se fasse hors-sol, en bac ou jardinière.
Comment faire ?
- Créer un bac avec une terre non polluée qu’il faudra régulièrement renouveler puisque les plantes vont absorber les nutriments et la terre s’appauvrir.
- Selon la plante, choisir une jardinière plus ou moins profonde et large.
- S’assurer que le fond laisse bien passer l’eau pour éviter toute rétention d’eau, on peut utiliser des billes d’argile par exemple ou la pouzzolane.
Les méthodes de culture nécessitent d’être aménagées : la taille est plus régulière afin de limiter l’ampleur des plantes.
Où se renseigner ?
« Nous travaillons en partenariat avec les associations et groupes de citoyens qui promeuvent le jardin et transmettent des techniques de culture à destination des particuliers », explique Frédéric Bourseau.
Comment demander une analyse de sol ?
Elle est gratuite pour les particuliers, institutions et associations.
1/ Appel au 0590 95 41 17 ou formulaire à remplir sur jafa.gp.
2/ Demande enregistrée lors d’un entretien téléphonique.
3/ RDV avec le préleveur à votre domicile.
4/ Envoi de l’échantillon en laboratoire.
5/ RDV avec l’animateur JAFA pour remise et explication des résultats s’il y a chlordécone.
Qui sommes-nous ?
Le programme Jardins Familiaux, porté par Promotion Santé Guadeloupe, financé par l’ARS dans le cadre de la stratégie chlordécone, informe et accompagne les particuliers qui consomment les produits de leur jardin, pour limiter leur exposition à la chlordécone. Il leur propose notamment des analyses du sol et des œufs et des recommandations de culture et d’élevage.
Jafa se distingue par un accompagnement humain, une restitution pédagogique des résultats, un suivi personnalisé, une approche adaptée aux particuliers et associations.
PROMOTION SANTÉ GUADELOUPE – SAINT-MARTIN – SAINT-BARTHÉLEMY est une structure experte dédiée à la prévention et à la promotion de la santé, travaillant en étroite collaboration avec les acteurs des secteurs sanitaire, social, éducatif et environnemental, tout en contribuant activement à la mise en œuvre de la politique régionale de santé. Elle aborde des thématiques majeures, telles que les addictions, la nutrition, la santé des populations vulnérables, ainsi que les problématiques spécifiques comme celles liées à la chlordécone.