Rhum Marie-Louise : le terroir en héritage
Baigné par le soleil, sauvage et préservé… Le domaine familial de Bel-Air à Anse-Bertrand a, depuis peu, repris ses couleurs d’antan. En hommage à sa grand-mère et aux terres de son enfance, Rodolphe Payen y fait grandir de la canne bleue et élabore, depuis 2021, Marie-Louise, un rhum au caractère singulier.
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Rodolphe Payen, la terre en héritage © Lou Denim
Rhum Marie-Louise : le terroir en héritage
Baigné par le soleil, sauvage et préservé… Le domaine familial de Bel-Air à Anse-Bertrand a, depuis peu, repris ses couleurs d’antan. En hommage à sa grand-mère et aux terres de son enfance, Rodolphe Payen y fait grandir de la canne bleue et élabore, depuis 2021, Marie-Louise, un rhum au caractère singulier.
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Hommage familial
Rodolphe Payen n’a rien oublié de ses années d’insouciance, de ces souvenirs d’enfant, passés au cœur de la nature sur le domaine familial de Bel-Air à Anse-Bertrand, propriété de sa grand-mère, Marie-Louise. Acquises au milieu des années 1970, ces terres retirées et préservées abritaient alors un élevage bovin. Laissé à l’abandon, à la suite du décès de Marie-Louise en 2005, le domaine a repris vie en 2020, lorsque Rodolphe a pris les rênes de l’exploitation agricole. « J’ai décidé de tout remettre en état, en hommage à ma grand-mère, mais aussi pour transmettre ce patrimoine aux nouvelles générations », explique-t-il. Passionné par les spiritueux, il choisit de faire naître Marie-Louise, un rhum qui raconte une histoire et qui révèle le caractère du nord de la Grande-Terre.
Choix audacieux
Rodolphe Payen fait le pari de la canne bleue pour ses qualités aromatiques. Il en plante 1,5 hectare en 2021 (un hectare de plus en 2025) sur le domaine, à contre-courant des usages – cette variété étant habituellement réservée aux terroirs volcaniques de la Basse-Terre. « À Anse-Bertrand, dans un environnement très ensoleillé, salin et sur un sol argilo-calcaire, la canne bleue s’exprime autrement », explique-t-il. Ce terroir plus sec favorise une montée en sucre rapide et durable, mais nécessite toutefois davantage d’irrigation et de soins. Un choix exigeant, mais pour un rendu exceptionnel.
Préserver le vivant
Dans le respect « de la matière première et de la terre », le choix du bio est apparu comme une évidence sur ce domaine fertile « préservé de toute culture depuis trois générations ». Pour sa fabrication, le rhum Marie-Louise n’autorise aucun intrant extérieur, ni intervention mécanique. « La coupe manuelle préserve toute la qualité de la canne, précise Rodolphe Payen. Je travaille également avec de la levure indigène pour la fermentation. Une levure naturelle issue directement de la plantation. » En 2024, une récolte en biodynamie, c’est-à-dire calquée sur le calendrier lunaire, a été expérimentée. « La canne est coupée le jour de la pleine lune pour favoriser la montée en richesse saccharine, puis broyée et mise en fermentation le jour même. » Une approche presque intuitive qui entend laisser la nature s’exprimer, sans jamais la brusquer.
« À Anse-Bertrand, dans un envrionnement très ensoleillé, salin et sur un sol argilo-calcaire, la canne bleue s'exprime autrement »
Millésismes à succès
Au départ, Rodolphe Payen pensait ne faire que du rhum vieux. Mais dès la première distillation en 2022, le blanc s’impose. Élaboré entre deux distilleries partenaires, il est mis en bouteille en juin 2023, après un an de réduction, révélant des notes florales et une intensité rare. Depuis, les millésimes se succèdent : 2022 en 54°, 2023 autour de 56°, jusqu’à des versions brutes à 71°. Rapidement remarquées, certaines cuvées ont déjà été distinguées lors de concours spécialisés. En parallèle, les premiers vieillissements, lancés fin 2022, ont donné naissance à deux rhums élevés sous-bois et surtout, en 2026, au premier rhum vieux de la collection.
Signature et diffusion
Rien n’est laissé au hasard. Épuré et élégant, le packaging, pensé dans une approche naturelle et durable, prolonge l’esprit de la maison. Produites en séries limitées, les cuvées Marie-Louise sont diffusées auprès des cavistes, en Guadeloupe essentiellement. Côté vieillissement, les premiers rhums poursuivent leur évolution en fûts de chêne, en attendant la création prochaine d’un chai directement installé sur le domaine.