La sélection de sorties culturelles du mois d’octobre

Ce mois-ci la rédaction vous propose une sélection de sorties culturelles. Des manifestations à venir ou des retours sur des événements qui viennent de s’achever et que l’on souhaite prolonger.

© Roman Motizov/Adobe Stock
© Roman Motizov/Adobe Stock

La sélection de sorties culturelles du mois d’octobre

Ce mois-ci la rédaction vous propose une sélection de sorties culturelles. Des manifestations à venir ou des retours sur des événements qui viennent de s’achever et que l’on souhaite prolonger.

Floriane Jean-Gilles

Expositions

En Martinique

3 questions à Yémendja Abatuci, artiste sonore

Comment avez-vous décidé de mettre le son au cœur de votre pratique artistique ?

Ça fait une dizaine d’années que je fais de la création sonore. J’ai commencé la pratique du son par la radio en animant des émissions dans des radios associatives. C’était un espace où je me sentais à l’aise parce qu’il me permettait de m’exprimer sans être vue. J’ai ensuite décidé de faire mes propres créations. Le but à ce moment-là, c’était un peu de faire du podcast. J’en ai réalisé quelques-uns que je n’ai finalement pas diffusés très largement car j’ai longtemps eu du mal à me sentir légitime. Et c’est vraiment mon arrivée en Martinique qui m’a permis de reconnecter toutes les parts de moi, de me sentir à ma place, de me sentir légitime. Et du coup, d’exister en tant qu’artiste. J’ai aussi toujours écrit. Et je pense que l’écriture, chez moi a toujours été à la croisée entre la poésie et l’écriture thérapeutique. J’écris beaucoup pour garder des traces. Et ça me permet après de revenir sur d’autres époques, d’autres versions de moi et de voir le cheminement. C’est vraiment ce qui est présenté, là, dans l’exposition. C’est un cheminement.

Structure en spirale de l'exposition An mannié viv, Yémendja Abatuci © Floriane Jean-Gilles

D’où le motif de la spirale ?
Exactement. Ce que je raconte est un mouvement. C’est l’évolution du rapport à mon corps, à mes identités, à ma culture à travers ma pratique de la danse notamment. Car le mouvement est aussi l’essence même de la danse. La structure en spirale permet de faire un pas après l’autre, comme moi. J’ai fait un pas après l’autre, d’une danse à l’autre. Il y a aussi dans la spirale une dimension d’infini. Ce parcours-là n’est jamais terminé, mais je peux en montrer un morceau. Le plus gros de mon travail a été cette installation en spirale ornée de perles. Quand on m’a proposé d’exposer ici, je me suis ensuite demandé comment habiter la pièce. Le travail scénographique a été coréalisé avec Eva Augustine. C’est une exposition qui se vit plus comme une expérience que comme une exposition seulement à regarder.

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L’exposition est composée en fragments, qu’est-ce que cela dit de vous ?

J’ai une âme d’archiviste, j’aime beaucoup collecter des affaires, garder des petites choses. Ça me vient aussi de ma mère. Vous verrez, dans l’exposition, beaucoup de petites choses qui ont été ramassées, comme la sphère recouverte de verre poli. On en a ramassé tous les morceaux. Avec les sons, c’est un peu la même chose. Je crée des archives sonores. Je vais souvent chercher des sons à enregistrer. Donc, j’ai créé une grande banque de sons. Et à partir de tous ces sons-là, qui vont être à la fois des bribes de voix, des récits, des sons de la circulation ou du marché, des sons de la nature, je crée des paysages sonores qui vont éveiller l’imaginaire. L’exposition est née de ces sons, les textes sont ensuite venus l’enrichir. Mais mon travail, c’est de raconter des histoires avec les sons. C’est vraiment à la croisée entre raconter des histoires et créer des archives. Mais les archives, pour moi, c’est aussi des histoires qu’on va pouvoir se transmettre.

AN MANNIÈ VIV

Du 29 septembre au 28 novembre 2026
Au Tropiques Atrium (Galerie André Arsenec)
Du mardi au vendredi : 9h-18h – Samedi : 9h-13h

© Karl Joseph, Kalalou

En Guyane

Zoom sur le dispositif « Ébullition Guyanaise »

« Il s’agit d’un dispositif sensoriel permettant de comprendre autrement une photographie. À partir de différents ateliers liés aux sens, le public est amené à découvrir une photographie pas à pas. Ce dispositif multisensoriel s’inscrit dans une démarche d’accessibilité et d’adaptation, afin que chacun puisse appréhender les œuvres par différents sens et différentes formes d’expérience.

Le dispositif a été conçu à partir d’une photographie de la série Kalalou, réalisée par l’ethnobotaniste Marc-Alexandre Tareau et le photographe Karl Joseph, qui explore les relations entre les plantes du territoire guyanais et les populations afro-descendantes. Ce dispositif a été créé avec l’aide d’Isabelle Saussol, consultante en projet éducatif et culturel. Nous l’avons testé avec plusieurs publics.

« Ébullition Guyanaise » est pensé pour être mis gratuitement à disposition de structures médico-sociales, médico-éducatives et d’établissements scolaires, afin de leur permettre de proposer des expériences de découverte des œuvres adaptées à leurs publics. Il est conçu pour être utilisé en autonomie par les éducateurs, animateurs et professionnels des structures. Il comprend tout le matériel nécessaire à la réalisation des ateliers, ainsi que des fiches ressources autour de l’œuvre, de la lecture d’image et de l’œuvre gravée, une bande sonore, etc. Les professionnels pourront être formés à son utilisation, et des interventions de la MAZ pourront également être mises en place en complément. L’idée est donc de proposer un outil qui permette de rendre la médiation photographique plus accessible, tout en donnant aux professionnels les ressources nécessaires pour faire vivre le dispositif eux-mêmes auprès de leurs publics. » Océane Larsonneur, coordinatrice du dispositif « Ébullition Guyanaise ».

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En Guadeloupe, puis en Martinique

« 40 % de l’humanité vit aujourd’hui sous les tropiques »

L’exposition « Reclaiming Tropical Modernism » présentée à la COP30 commence sa tournée en Guadeloupe. Pensée comme un dispositif itinérant, elle circulera aussi en Martinique. L’ambition est de remettre la relation harmonieuse avec l’environnement au cœur de la conception des bâtiments, en climat tropical.

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Du 19 septembre au 18 octobre 2026
Au Fort Delgrès

Festivals

En Guadeloupe

Retour sur la 6e édition du festival Lire au grand large avec Coline Rouge

« Cette année, nous avons choisi d’aller à la rencontre des scolaires en organisant des rencontres au sein des établissements. Plusieurs auteurs se sont déplacés dans les classes (élémentaires, collèges et lycées). Nous avons reçu un très bel accueil. Beaucoup d’enseignants avaient préparé la visite des auteurs avec leurs élèves, ce qui a nourri des conversations très intéressantes, je pense notamment à la question du consentement qui a été abordée autour de l’ouvrage de Fabien Arca, TKT, avec une classe du collège Aurélie Lambourde, aux Abymes. L’autre nouveauté était la reading party, organisée au Fort Fleur d’Épée. Nous n’avons pas reçu autant de monde que nous l’espérions mais nous renouvellerons l’opération car les personnes ont joué le jeu. L’idée était de se dire puisque nous pouvons être tous dans la même pièce et chacun sur son téléphone portable, alors nous pouvons également tous se retrouver pour lire. Donc chacun a apporté son livre. Nous en avions également mis à disposition. La manifestation a permis de créer du lien et un moment d’échange original. »

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En Martinique

Le monde à l’envers

Le Festival en pays rêvé aura lieu du 16 au 22 novembre 2026. Parmi les auteurs invités, Edwy Plenel, Véronique Kanor, Mohamed Mbougar Sarr, Térèz Léotin, Amine Kessaci, Yanick Lahens… Le Festival avait commencé en mai dernier avec une programmation hors-les-murs rythmée par la visite du Dr Denis Mukwege. 

Programmation complète sur festivalenpaysreve.fr.

À découvir

On suit, dans ce premier roman de Jean-Philippe Louis, les pérégrinations de Calixte et Anicet. Ils ont grandi en Guadeloupe, dans une vallée, au pied d’un kapokier. Mais, comme l’a dit l’auteur, dans une interview accordée à RFI : « Loin d’être un témoin muet des événements et des drames, l’arbre malade devient une métaphore du dysfonctionnement de la société guadeloupéenne, enfermée sur elle-même. »

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Jean-Philippe Louis, Les fils du kapokier, éditions Gallimard, 224 pages, 2026

Il existe 94 édifices protégés au titre des monuments historiques en Guyane. Cet ouvrage retrace leur histoire à travers 130 photographies inédites et documents d’archive.

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Monuments historiques de Guyane, éditions Hervé Chopin, 136 pages, 2026