Satyam Sinnan : un jour après l’autre
Satyam Sinnan ne court pas après le temps. Formé en communication, bénévole auprès des enfants de sa commune et profondément attaché à son territoire, il construit son avenir avec patience, lucidité et sans perdre de vue l’essentiel.
Sinnam Satyam Lou Denim
Satyam Sinnan : un jour après l’autre
Satyam Sinnan ne court pas après le temps. Formé en communication, bénévole auprès des enfants de sa commune et profondément attaché à son territoire, il construit son avenir avec patience, lucidité et sans perdre de vue l’essentiel.
À chaque jour suffit sa peine… Un adage qui colle parfaitement à la peau de Satyam Sinnan, Port-Louisien de 21 ans. Tout juste diplômé d’un bachelor MMI (métiers du multimédia et de l’internet), il espère très bientôt décrocher un poste dans le domaine de la communication digitale et/ou l’audiovisuel. « Idéalement, j’aimerais m’insérer professionnellement en Guadeloupe, car c’est ici chez moi et je m’y sens bien. Toutefois, si je dois partir faute d’opportunités, je le ferai tout simplement. »
Posé, calme, droit dans ses bottes, Satyam voit la vie comme une succession d’étapes à franchir. Un chemin à parcourir avec humilité et sans précipitation. Cette période de chômage lui a, par ailleurs, ouvert une nouvelle porte : celle du bénévolat. « Je jouais au foot avec deux amis quand nous avons été abordés par le président de la SPL, Solidarité Port-Louisienne, le club de la commune. Il nous a proposé une formation de deux jours pour encadrer des enfants entre 5 et 8 ans. J’ai accepté sans hésiter. » Depuis novembre, durant 1 h 30, chaque mercredi, Satyam transmet son amour du ballon rond aux plus jeunes. Un exercice qui lui demande « un certain sang-froid » et beaucoup de « pédagogie ». « J’aime l’idée de transmettre aux petits et d’œuvrer pour ma commune. Je le fais pour le plaisir et pour l’aide que ça peut apporter. J’espère que je pourrai concilier cette activité bénévole avec ma future vie professionnelle. »
« M’assumer tel que je suis »
Cette expérience pourrait-elle l’encourager à s’engager davantage dans cette voie ? « J’ai pensé, c’est vrai, à faire une formation de préparateur sportif. Mais j’ai finalement changé d’avis. Je préfère, pour le moment, pratiquer le métier de coach bénévolement. Peut-être qu’à long terme, ça changera. » Fidèle à lui-même, Satyam prend son temps. Le temps d’observer, de laisser les choses évoluer, tout en restant aligné avec ses désirs profonds. « J’avance toujours selon mes envies, sur l’instant », confie-t-il.
Un rapport au monde nourri aussi par ses origines indiennes. Une culture dans laquelle il a grandi et qu’il continue de faire vivre. Il joue d’instruments traditionnels – tambours et cymbales – et participe, à la demande, à des manifestations culturelles en Guadeloupe. Un héritage assumé, essentiel à son équilibre. Authentique… Satyam aime le rester. Un peu comme cette ancienne gloire qui « lui a fait aimer le foot » : Zlatan Ibrahimovic. « C’était un joueur avec beaucoup de charisme, sans filtre, qui n’avait pas peur de dire ce qu’il pensait, au risque de choquer, de déplaire… J’aime l’idée de pouvoir m’exprimer librement et de m’assumer tel que je suis. Je pense toutefois qu’il faut savoir doser et se fixer des limites. »
Qu’aimerais-tu voir s’améliorer ?
« J’aimerais que les entreprises fassent davantage confiance aux jeunes. Ils ont beau être formés, déjà professionnels… On leur préfère très souvent quelqu’un de plus expérimenté. C’est à la fois injuste et absurde. Car pour avoir de l’expérience, il faut bien commencer quelque part… ».