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Le diner de Mirella : l’entreprenariat social, une réponse à la crise sociale et économique ?

diner de mirella

Apparu il y a une vingtaine d’années, l’entrepreneuriat social consiste à créer une activité économique pour répondre aux besoins sociaux et environnementaux (accès aux soins, au logement, chômage de longue durée, croissance verte,…). Il semble venir répondre à une économie de marché secouée par les crises engendrant des problèmes sociaux accrus. L’entrepreneuriat social constituerait-il une solution économique et sociétale viable ? Une alternative de déve-loppement porteuse de solutions, d’emplois, d’activité et de valeurs ? Quels en sont les acteurs, les modèles économiques, les conditions de succès ?

Tous mes remerciements aux établissements Socara, aux champagnes Perrier-Jouet, à la Direction de l’hôtel Valmenière ainsi qu’à ses équipes, à Maël Ferjule, designer en art floral et à Kevin O BRIAN pour sa magnifique création.

Thierry Sibieude, Essec, professeur titulaire de la chaire Entreprenariat Social, directeur général Essec Afrique Atlantique, trésorier fondateur de l’incubateur social Entropia

L’entreprise sociale, c’est une façon d’entreprendre pour répondre à un pro-blème qui se pose dans la société que ni les politiques publiques ni les entreprises privées du secteur lucratif n’ont été capables de résoudre. L’entrepreneur social est quelqu’un qui va mettre la finalité économique au service de la finalité sociale :
de nombreuses entreprises sociales ont comme finalité ultime de disparaître du fait de leur objet. Le mal logement, le chômage… sont combattus à cet effet. C’est aussi une façon d’innover, de créer de nouvelles façons de faire qui vont ensuite diffuser dans l’ensemble de la société et permettront une amélioration générale de l’économie.

Félicia Nuissier, Entreprise et Environnement, administrateur

Jusqu’alors, on pensait économie. La dimension humaine, œuvrer au plus près du terrain et mobiliser les volontés apparaît avec l’entreprise sociale. C’est sa dynamique et elle viendra répondre à nombre des maux de notre société. L’homme du 21ème siècle a besoin que l’on réponde à des besoins plus que matériels, des besoins philosophiques, sociologiques voire spirituels. Etre en phase avec son milieu, avec les autres, c’est aussi cela l’entreprise sociale.

Jean-Luc Deguelle, Kazavie, directeur

Face aux défis de santé à relever avec le vieillissement de notre population, nous avons le projet d’utiliser les objets connectés pour mettre en relation nos patients, leur médecin, leur famille et les hôpitaux. Ils pourront ainsi rester à leur domicile. Le social ne saurait ignorer l’économique, nous avons fait le choix de faire appel à Kaleidoscope* pour nous accompagner. Les enjeux sont très importants et nous devons être prêts.

Alex Bonvent, BRED, directeur de l’économie locale

Nous sommes une banque coopérative et mutualiste, les valeurs sociales font donc partie de notre ADN. Les entreprises sociales entreprennent autrement, ont besoin d’être accompagnées et notre banque a fait ce choix. Elles doivent se rendre compte qu’il n’y a pas que les subventions qui peuvent leur permettre de vivre. Nous ne perdons cependant pas de vue la nécessité de rentabilité de ces entreprises. Le dirigeant doit se poser des questions sur l’innovation sociale apportée, le besoin auquel elle vient répondre et qui n’est pas couvert par le secteur marchand, sa capacité à durer…

Jean-Bernard Lebeau, SEA et Somanet, directeur général

Face aux contraintes budgétaires de l’Etat et des collectivités, les entreprises sociales sont mieux armées pour apporter des réponses aux difficultés économiques vécues par certains de nos concitoyens. Elles ne sont pas soumises aux mêmes contraintes de rentabilité que les entreprises « classiques » et vont recruter des personnes animées par cette dimension sociale. On peut parler entre elles de complémentarité. En effet, dans certains marchés publics des parts sont gardées pour les entreprises sociales car il y a du temps disponible pour l’apprentissage afin de permettre des montées en compétences. Elles peuvent, dans leur modèle économique et au-delà des subventions, assurer leur pérennité en développant des activités rémunératrices.

* Conseils en stratégie et en organisation d’entreprises sociales et de projets d’intérêt général.

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