Maïka M’toumo, debout et lumineuse
Maïka M'Toumo © Lou Denim
Maïka M’toumo, debout et lumineuse
Quand les épreuves de la vie obligent à grandir plus vite, le caractère se forge et l’élan prend forme… Du haut de ses 17 ans, Maïka M’Toumo incarne cette capacité à tenir bon malgré les obstacles. « En me relevant, j’ai eu comme un déclic », confie-t-elle. « Je me suis sentie capable de tout faire, en étant juste moi. J’ai dit adieu à toutes mes peurs. J’ai décidé de briller sans laisser les autres m’éteindre. »
Des rêves un peu fous ? Des modèles à suivre ? Pas du tout. Maïka avance sur sa propre voie, guidée par ses objectifs et son identité. Une singularité qui se reflète aussi dans ses choix scolaires. Élève de terminale au lycée Sonny Rupaire de Sainte-Rose, Maïka a choisi un cursus sciences économiques et sociales avec spécialité cinéma et audiovisuel. « J’aime l’art avant tout, sous toutes ses formes, et surtout le sentiment de liberté qu’il procure. »
Concours, association, conseil de vie lycéenne… Maïka aime s’investir, s’engager et se confronter. Cette année, elle expérimente le rôle de membre du jury du César des lycéens, comme le reste de sa classe. Ce concours national, lancé en 2019, permet aux élèves de découvrir une sélection de films et de décerner, à l’issue de projections et d’échanges, un prix reflétant leur regard et leur sensibilité. « J’apprécie l’idée de la découverte et surtout de l’échange de points de vue avec les autres. C’est un concours très enrichissant. »
« Revenir chez moi »
Après son bac, Maïka vise un parcours « d’excellence » à Paris : un master à l’école du management et de l’impact à Sciences Po, avant d’intégrer La Fémis, l’école nationale supérieure des métiers de l’image et du son. « Je vise haut. D’abord pour me prouver que j’en suis capable, ensuite pour avoir la liberté de choisir ce que je veux, pour moi. »
Des idées de métier ? Maïka en a plusieurs : agent artistique, scénariste, gestionnaire de production dans l’audiovisuel, la musique ou encore l’édition. « Dans un premier temps, j’aimerais travailler à l’international, parcourir le monde et rencontrer des artistes de tous horizons. Mais revenir chez moi, sur mon île, est essentiel. C’est une évidence. » Un retour qu’elle envisage de consacrer à l’art et à la jeunesse. « En Guadeloupe, beaucoup de jeunes se sentent perdus, sans réelles perspectives », regrette-t-elle. « J’aimerais être à l’origine d’une future école ou association qui les reconnecterait à leurs talents et les encouragerait à trouver leur voie. Il faut cesser de penser que la Guadeloupe est limitée : c’est une terre de champions avec un potentiel immense. Je veux leur ouvrir les portes de l’art. Chacun devrait pouvoir y accéder et viser le plus haut niveau. »
Qu’aimerais-tu voir changer ?
« J’aimerais un retour de l’esprit de famille, de la solidarité et de l’union en Guadeloupe. Mes parents me racontent qu’avant, on connaissait ses voisins, on échangeait, partageait. Je souhaiterais que la Guadeloupe retrouve cet élan et cette confiance en elle. C’est un territoire où l’on peut avancer. »