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Diner de Mirella : le leadership au feminin

Diner de Mirella

Tous mes remerciements à la société Etik’Antilles et singulièrement à sa dirigeante Sylvie Chaveroche, à Pascal Barat des champagnes Nicolas Feuillate, à Olivier Rousselier directeur du Cap Est Lagoon Resort ainsi qu’à ses équipes, à Mme Nadine Mence-Caster pour son témoignage, à Maël Ferjule, designer en art floral et à Mylène Germé de la boutique O’RUBAN ROSE.

Après avoir intégré le monde économique à la fin des années 70, la représentativité des femmes dans le monde économique, les postes d’encadrement et de direction semblent peiner àdépasser un certain pourcentage. Plafond de verre ? Y compris en politique une loi sur la parité a dû être votée. Est-ce suffisant ? Le management a-t-il un sexe ? Pourquoi de tels freins ? Quelles solutions envisager ?

Karine Roy-Camille, KRC Consulting, experte en tourisme, consultante en stratégie de développement 

Le leadership au féminin a cela de particulier qu’en plus de revêtir toutes les caractéristiques du leadership masculin, il intègre des paramètres souvent dévolus aux femmes et tout particulièrement dans nos sociétés ultramarines où l’éducation des enfants n’est pas encore assez partagée par le couple. Il devient dès lors complexe, voire culpabilisant, pour une femme d’entreprendre et de s’épanouir. En politique, le phénomène va encore au-delà tant le temps consacré – lorsque l’on s’engage pleinement – est conséquent. Il faut continuer à assumer notre place et notre juste place dans les sphères publiques et privées permettant ainsi un équilibre salutaire à notre société. Alors, Messieurs, ne prenez pas ombrage de nos carrières et parcours, mais encouragez-nous, accompagnez-nous et exprimez votre fierté !

Aline Alix-Donat, Canal Plus, directrice générale

Le style de management dépend plus de la personnalité, des compétences et des équipes que l’on encadre que du genre, masculin ou féminin.

Ceci dit, au féminin, le management a cette singularité que nous souhaitons (et qu’on attend de nous !) que nous fassions face à ces responsabilités tout en restant des épouses et des mères de famille accomplies. Si on ajoute à cela, le fait de réussir à garder du temps pour soi, pour faire du sport par exemple, et aussi du temps pour ses amis, le challenge devient bien pimenté ! Mais finalement, c’est ce piment qui rend toutes les petites réussites du quotidien dans chacun de ces domaines si savoureuses.

Valérie Pavius, Sara, directrice des relations sociales et sociétales

Si les femmes sont de plus en plus présentes et reconnues dans des postes à responsabilité, elles sont les premières à s’autolimiter. Elles doivent OSER agir.

Le premier levier est celui de l’éducation, afin de préparer les futures générations à vivre la différence comme une complémentarité et non comme un trait dominant : comment en nos qualités de mère éduquer nos enfants sans distinction du genre et sans rivalité ? Oui ! Les filles et les garçons ont des aptitudes différentes, différences qui doivent être vues comme une richesse et non comme une inégalité.

Affichons de belles réussites de femmes leaders afin de susciter les vocations sans les opposer aux hommes et sans amoindrir leur féminité. Une femme manager est athlète de haut niveau : elle doit être femme, mère, professionnelle et manager. Pour tenir sa place, elle doit s’investir deux fois plus que les hommes. A quand la compétence au-delà du genre !

Olivier Pulvar, sociologue

Un « management au féminin » ou une « vision féminine de la responsabilité » correspondent à un construit social de genre dont les représentations évoluent dans des systèmes de règles internes, sujets aux contraintes externes. C’est d’abord le manager lui-même (homme ou femme) qui, dans sa façon de s’identifier à la mission en applique sa conception sur le terrain. Entrent pleinement dans cette perception, son vécu, sa culture, son identité individuelle et personnelle, son projet, etc. La force des représentations sociales demeure toutefois tenace pour expliquer les difficultés du manager dans une société postcoloniale.

Frédérique Fanon-Alexandre, Assemblée de Martinique, directrice du Cabinet 

Le management au féminin semble encore trop peu exercé pour tenter d’en faire aujourd’hui une spécificité. Le management a t-il un sexe ? Je pense que les personnalités fondent davantage le style de management que le genre ne le fait. Il faut briser le plafond de verre et faciliter l’accès des femmes aux postes à responsabilité. Alors quelles solutions ?
L’Etat devrait s’engager résolument dans la lutte contre les inégalités sociales et professionnelles, en mettant en place un cadre juridique contraignant : la formation en management pour les femmes dans les entreprises publiques ou privées de plus de 50 salariés. Il faut consolider leur capacité à être manager pour qu’elles embrassent les carrières que leurs diplômes autorisent, mais que leur appréhension, leur auto-dévalorisation et leur environnement interdisent.

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