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Chronique de A : rentrée-go !

« C’était le jeu de l’été. »

La bataille de septembre s’annonce particulièrement chaude cette année. Comme d’hab, il va falloir motiver les troupes pour se remettre au travail. Au boulot, il s’agira d’éviter de prolonger trop longtemps les récits de vacances pour ne pas filer le blues à tout le monde. A la maison, on s’attèlera à recadrer les horaires, ce qui suppose tout un tas d’obligations particulièrement désagréables qui nous vaudront en retour des tchips plus ou moins grinçants. Mais tout cela n’est que le dur combat d’un classique mois de septembre. Ce qui nous attend cette année est bien pire. Une bataille homérique se profile à l’horizon de cette ren-trée 2016. Vous ne voyez pas ? Mais si : Pokemon-Go !

Après l’hystérie qui s’est emparée du monde au lancement du jeu en juillet, certains prédisent un enterrement de première classe à la fin des vacances. « C’était le jeu de l’été. Bye. ».  Pourtant, il y a de grandes chances que le retour dans les bureaux et les salles de classe s’accompagne d’un nouveau coup de chaud sur l’action Nintendo. Ces terrains de chasse laissés vierges faute de combattants durant les congés d’aout et juillet, regorgeront sans aucun doute de Carapuce et Rondoudou, cacheront même peut-être un Magnéti, voire :
Oh mon dieu est-ce possible, un Ronflex ? Vos yeux viennent de se transformer en frisbee et que votre cerveau cherche désespérément une case où seraient rangés ces noms inconnus ? Alors vous êtes sauvés : vous n’avez pas été contaminés par la fièvre Pokemon-Go. A l’inverse, de nombreux membres de votre entourage auront réagi à cette liste au quart de tour, y compris certains proches que vous teniez jusque là en très haute estime. Ceux-là sont touchés. Ils se sont volontairement inoculé le virus qui pourrait transformer votre reprise de septembre en cauchemar. Car, si vous aviez lâché la bride sur les heures de connexion pendant les vacances, vous allez devoir déployer des trésors d’imagination pour convaincre votre fils de fermer son application. De quelle arme disposerez-vous pour que votre fille accepte d’interrompre sa chasse en « réalité augmentée » alors qu’elle est sur le point de capturer un Pokemon rarissime ? Et si vous comptiez sur un répit au bureau, vous pourriez fort bien frôler le burn-out en découvrant une fréquentation anormale de la machine à café, liée non pas à un soudain engouement pour la caféine mais à la présence d’un Pokestop près du distributeur. Bref, Nintendo pourrait bien pourrir votre rentrée.

Vous auriez tort, cependant, de déduire de cette charge nourrie que je pratique le Pokemon Bashing en comparant les joueurs à des zombis inféodés à leur écran, le tout sur fond de régression. Mais je n’ai pas non plus cédé à l’appel de ces créatures nippones trop kawaï, ni aux arguments des adeptes selon lesquels courir après des Pokemon est un vecteur de socialisation, une source d’amusement et même un excellent coaching sportif !

En fait, je suis seulement interloquée par la possibilité d’établir une recette qui puisse séduire aussi vite, autant d’individus dans autant de pays. Car la question est : Nintendo a-t-il été particulièrement génial sur ce coup-là ou tendons-nous de plus en plus à former un troupeau ?

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