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La chronique de A : rêvons encore

Ne vous-êtes vous jamais dit qu’on est à un moment clé de notre histoire ? Qu’on est situé au point d’équilibre, celui où on ne sait pas encore si la balance va pencher du coté de la barbarie ou du coté d’un monde meilleur qui aurait pris conscience de la fragilité de la planète et de la position centrale du facteur humain ? Bien sûr, chaque attentat rajoute une grosse pierre dans le mauvais plateau, chaque mort au nom de l’Etat Islamique oriente l’aiguille vers la face la plus sombre de l’humanité. L’élection de Trump et la composition de son incroyable équipe équivalent au dépôt d’un gros sac de graviers du coté obscur. L’émergence de son jumeau politique, Joao Doria, élu au premier tour à Sao Paulo au Brésil, charge encore un peu la barque. Je pourrais multiplier les exemples sur l’ensemble de la planète mais ce serait au prix de votre moral pour le reste de la journée.

Alors voyons plutôt ce qui pourrait ramener l’équilibre et même, allez, rêvons, nous amener à l’aube d’une ère nouvelle où les tueries, la pollution, la misère et la bêtise (bon là, faut pas pousser !), relèveraient du passé. Le problème, c’est de trouver qui, dans notre monde actuel, pourrait incarner ces utopies. Et là, ça se corse. Tournons-nous vers les politiques puisque nous sommes en pleine campagne électorale. Sans prendre parti, force est de constater qu’entre le repli sur soi, la peur de l’autre, la rigueur, la sécurité renforcée, le retour d’une certaine realpolitik et j’en passe, la plupart des programmes pourrait saper le moral d’un gagnant du loto venant de découvrir qu’il a, en plus, les bons numéros du Joker. Ce n’est donc pas en suivant les débats des futurs candidats qu’on va trouver des pierres à mettre dans le bon plateau de la balance, quelques petits cailloux tout au plus. Se réfugier dans les communautés des réseaux sociaux ? La grande majorité ne vous propose pas de rêver, elles vous confortent juste dans vos convictions. On peut toujours tenter de se rapprocher d’une Eglise mais il faut croire que la parole religieuse convainc aujourd’hui plus de fidèles quand elle incite à la haine que lorsqu’elle prêche la fraternité et la tolérance.

Que nous reste-t-il donc pour espérer un monde meilleur ?
Et si l’entreprise pouvait nous ouvrir une porte pour y accéder ? Je reconnais que l’idée est culottée. Mesurons quand même le chemin parcouru. Dans les années 60, l’économiste Morgan Friedman estimait que « la seule responsabilité sociale des entreprises est de faire des profits ». Imaginez-vous un capitaine d’industrie oser brandir cette affirmation aujourd’hui, même si une partie d’entre eux le pense encore ? L’opinion publique exige désormais que l’entreprise ait une éthique, qu’elle traite bien ses salariés (qualifiés gentiment de collaborateurs) et qu’elle fasse des efforts pour protéger l’environnement. Elle est aussi tenue de jouer la transparence. Et quand elle triche, ça fait mal. Le récent scandale Volkswagen en est un bon exemple. Alors bien sûr, on est encore loin d’un monde idéal mais si les consommateurs, les salariés, les chefs d’entreprise que nous sommes appuient sur le bon plateau de la balance, nous pourrions bien voir l’horizon s’éclaircir. Allez, rêvons un peu. C’est encore gratuit.

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