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La chronique de A : doit-on avoir peur des robots ?

Ca ne vous a jamais frappé que plus on parle d’intelligence artificielle, plus le monde parait bête ? Je reconnais que le fait de me retrouver ce matin au réveil, face à mon voisin à moitié dénudé, armé d’un souffleur qui cachait mal sa silhouette ventripotente mais dont le bruit assourdissant ne laissait aucune chance au pipiri chantant, ne m’a pas mise dans les meilleures dispositions vis-à-vis du genre humain. Mais quand même. Vous avouerez qu’à force d’entendre parler de ces futurs robots intelligents qui menaceraient notre futur, on est bien obligé de se poser des questions.

Ces pensées inquiètes m’ont assaillie quand, à la faveur de la sortie de Blade Runner 2049, j’ai revu le cultissime Blade Runner, premier du nom. Le choc s’est produit dès les premières images quand Ridley Scott précise que le film se déroule à Los Angeles en 2019, c’est-à-dire 35 ans plus tard pour lui, mais maintenant pour nous ! Ridley Scott prévoyait que nous vivrions dans un monde menacé par les réplicants, sorte de clones au cerveau robotisé. Dans ce scénario, l’homme est censé garder la main sur l’intelligence. Mais qu’en sera-t-il demain ?

Car la question est d’importance. L’Homme (ou la Femme, hein, n’allez pas me faire un procès d’intention) de demain sera-t-il diminué de la part qu’il laissera à l’Intelligence Artificielle ou saura-t-il s’en servir pour, au contraire, devenir un humain augmenté ? Vous conviendrez qu’il y a de quoi débattre. Alors évidemment, une partie d’entre vous arguera que l’Intelligence Artificielle n’est pas pour demain. Ah bon ? Rappelez-moi ce que signifie smartphone… ? Et votre voiture, quand elle pile toute seule parce que l’œil dans le pare-choc a vu un obstacle qui vous avez échappé, ce n’est pas une forme d’intelligence ? Certains spécialistes rappellent toutefois que, pour l’instant, toutes ces « machines » ne sont intelligentes que dans un domaine précis. A voir. Aujourd’hui votre seul téléphone peut devenir traducteur, musicien, docteur… Mais toutes ces fonctions vous apportent-elles un plus ou vous enlèvent-elles certaines facultés que vous aviez sans votre smartphone ? Une de mes amies ne cesse de me rappeler qu’avant l’iphone, on connaissait par cœur les numéros de nos proches et qu’on arrêtait de courir quand on était fatigué, pas quand votre montre connectée vous l’ordonne… Certes.

Reconnaissez quand même que dans la plupart des cas, tous ces petits cerveaux nous rendent la vie beaucoup plus facile. Si vous avez un jour conduit une voiture qui se gare toute seule, vous n’avez plus du tout envie de vous amuser à faire des créneaux. Et tous ceux qui ont moqué la reconnaissance digitale sur les téléphones, ont maintenant oublié qu’il fut un temps où l’on tapait un code pour débloquer son clavier. Ces intelligences quotidiennes nous donnent donc tout un tas de petits coups de main dont on a du mal à imaginer qu’ils puissent mettre l’humanité en péril.

Quoique… Je me souviendrai longtemps de la longue poignée de main que j’ai échangée avec l’adorable petit robot Pepper il y a quelques années à Tokyo. Je revois encore ses grands yeux, son sourire… Mais qu’est-ce qui m’arrive ? Manquerait plus que je tombe en amour avec une machine !

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