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Digressions : L’école continue 

On définit la « formation continue » comme un processus d’apprentissage qui permet à un individu d’acquérir des savoirs et savoir-faire nécessaires à l’exercice d’un métier ou d’une activité professionnelle. Ce droit à la formation continue est reconnu comme un droit de l’individu dans le code du travail.

Moi, je préfèrerais dire « l’école continue », ce qui est plus joli car cela évoque des souvenirs d’enfance, des souvenirs de cour de récréation, l’école étant le lieu où débute tout apprentissage. De plus « l’école continue » joue habilement avec le verbe « continuer » : cela dit bien que « l’école ne s’arrête pas » une fois que le temps scolaire est fini…

Et c’est cela qui est important, c’est maîtriser les compétences de base qui serviront toute une vie. C’est d’apprendre aussi deux vertus essentielles : la curiosité et l’esprit d’analyse. Si on n’a pas réprimé la curiosité, qui est naturelle chez les enfants, et si on leur a appris l’esprit critique, ils seront armés pour toutes les adaptations nécessaires dans leur vie d’adulte. Ils auront compris que l’école continue tout au long de la vie, qu’elle ne s’arrête pas avec telle compétence ou tel diplôme. Le reste n’est que bavardage.

On sait que la France se classe en 26ème position dans le classement PISA 2016 (classement international pour le suivi des élèves, de l’acronyme anglais pour Program for International Student Assessment). Ce qui n’est pas un très bon résultat, mais ce qu’on sait moins c’est que ce faible niveau se retrouve chez les adultes de 16 à 65 ans (d’après une autre enquête).

Dans un monde en évolution permanente, avec une technologie de plus en plus présente, il faut être capable de s’adapter. Les enfants très curieux de nouveautés le comprennent d’instinct et se sont déjà familiarisés avec le monde numérique. S’adapter n’est-ce pas vivre tout simplement ?

Il est d’ores et déjà annoncé que d’ici 2022 toutes les démarches administratives se feront de façon numérique. Que deviendront ceux qui ne connaissent pas le mode d’emploi ? Ils devront payer un « écrivain numérique » comme on s’adressait autrefois à « l’écrivain public » lorsqu’on ne savait pas écrire ? Ou bien leurs enfants pourront-ils leur apporter le soutien nécessaire ? A plus long terme, on peut imaginer que les enfants et les adolescents apprendront à leurs parents à utiliser les nouveaux outils numériques, car ils seront « nés avec » et ne craindront pas de tester leurs multiples possibilités.

Ce qui sera une belle façon de continuer l’école…

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