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A lire et à écouter – décembre 2018
Culture et plaisir, Guyamag, Karumag, Madinmag

A lire et à écouter – décembre 2018 

A lire

Portrait piquant

«Black is black » de Raphaël Confiant, collection Roman-Poche de Caraïbéditions

Par Mathieu Rached

Pour ses 10 ans, la maison d’édition Caraïbéditions sort “Black is black” de Raphaël Confiant dans une nouvelle collection Roman-Poche. Célèbre roman de l’auteur Martiniquais, paru il y a une décennie tout juste, “Black is black” nous emmène sur les pas de Abel, exilé sur les bords de la Seine pour y oublier un chagrin d’amour après la rencontre d’une belle de nuit venue d’Hispaniola. Il est un écrivain de la Martinique, fantasque, et empêtré depuis des lustres dans l’écriture d’une œuvre romanesque intitulée
« Parcours d’un corps », un projet littéraire hésitant, d’abord empreint d’un grand romantisme, qui se pare ensuite d’érotisme puis verse dans la pornographie. Ne pas achever son livre ne suffit pas à notre héros moderne, qui tombera, à son corps défendant, dans les rets d’un prophète de la régénération de la race noire, promettant à ses fidèles qu’ils seront rapatriés sur la terre-mère africaine grâce à l’évocation des dieux de l’Égypte antique. Dans la veine sarcastique inaugurée avec “La Baignoire de Joséphine” (1997), l’auteur n’épargne rien ni personne, pour la plus grande joie du lecteur.

« Black is black » de Raphaël
Confiant. Ed. Caraïbéditions. 9€90

A voir

Laurent Valera

« Re-trouver la mémoire »

Le photographe et artiste plasticien, Laurent Valera est invité en 2018 par la Direction des
Affaires Culturelles de Guyane à une résidence d’artistes sur le site du barrage hydroélectrique de Petit-Saut et sur le fleuve
Sinnamary*. Une « résidence en entreprises » à laquelle est associée l’entreprise EDF avec le soutien de l’Association pour la découverte scientifique de Petit-Saut. Depuis longtemps, l’artiste travaille sur le thème de l’eau. Il y interroge le monde contemporain (changements climatiques, accès à l’eau potable, montée du niveau des océans…). Pour cette première résidence guyanaise, il s’est penché sur la mémoire du fleuve Sinnamary, dans le lac de rétention du barrage de Petit-Saut. On y voit des photographies poétiques et énigmatiques où des phrases flottent dans l’espace-eau. Phrases pour la plupart écrites par des habitants de Sinnamary collectées par Jean Fontaine pour l’Association de la découverte scientifique de Petit-Saut. L’exposition « Re-sources » a eu lieu le 17 novembre dernier à la salle Sinnaryouz de Sinnamary. Une seconde résidence de l’artiste est en projet pour 2019, sur l’ouest du territoire, entre les villes de Mana, Awala Yalimapo et Saint-Laurent-du-Maroni où Laurent Valera souhaite travailler avec des artistes et artisans amérindiens et bushinengués. 

Site web : www.laurentvalera.com 

*Cette « résidence en entreprises » est lauréate pour le programme 2017-2018 du ministère de la Culture qui la finance ainsi que la D.A.C. Guyane. 

A écouter

Mélissa Laveaux 

Résistances

On l’a vue au Festival Terre de blues 2018 et on l’a adorée. La chanteuse, auteure, compositrice, interprète d’origine haïtienne reprend le répertoire des chansons d’Haïti des années 30. Mélissa Laveaux est une étoile qui monte, monte… et qui multiplie les concerts en Europe. Son dernier album, Radyo Siwèl (label : No Format) est un hommage énergique et bouleversant à ses origines haïtiennes. Elle chante l’importance de la culture vaudou dans la vie quotidienne d’Haïti et comment certaines de ces représentations peuvent devenir des symboles de liberté. Douze chants de résistance chantés en créole sur des rythmes caribéens et vaudous et des mélodies irrésistibles comme ce titre entêtant Angeli-ko dont l’artiste a dévoilé récemment un clip animé, superbe. Une partie des bénéfices du disque est destinée à la cause des femmes musiciennes haïtiennes.

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