Tout ce qu’il faut savoir pour un “retour au pays” réussi

Axelle Dorville

“Retour au pays” : si ce terme est de plus en plus utilisé, c’est qu’il apparaît comme la solution pour répondre au vieillissement des populations de la Guadeloupe et de la Martinique et à la fuite des cerveaux antillais, avides d’opportunités professionnelles et de conditions de vie qu’ils ne semblent plus trouver chez eux.  

Pour répondre à ces problématiques, de nombreux acteurs se mobilisent, que ce soit des associations et réseaux professionnels, des acteurs du monde économique, des institutions ou même des particuliers.

Fin 2018, une enquête de l’association “Alé Viré” montrait ainsi que 24% des répondants souhaitait rentrer “dès que possible” au pays.

Ce guide permettra d’avoir un aperçu des acteurs et dispositifs accompagnant les jeunes qui souhaitent revenir sur leur île, afin de contribuer à son développement économique et social.


4 réseaux professionnels qui facilitent le retour au pays

ACPA : Association des Classes Préparatoires Antillaises

Partant du constat qu’il est difficile d’appréhender le marché du travail antillais à distance, ce réseau s’est donné pour objectif de réunir les diplômés antillais et d’accompagner leur retour au pays, en Martinique et en Guadeloupe.

Pour cela, les angles d’approche sont multiples.

Il s’agit d’une part de faciliter l’échange entre jeunes diplômés et entreprises locales par la mise en place de partenariats, et d’autre part de créer des liens entre ceux qui sont déjà rentrés et ceux qui envisagent le retour.

Des apéros conviviaux sont ainsi organisés dans les îles, à Paris ou encore à Londres.

Apéros de networking de l'ACPA, qui aide au retour au pays

De façon plus générale, l’ACPA aide également les étudiants actuellement en prépa à envisager leur vie en école, à se rapprocher des anciens de leur prépa dans leur nouvelle école et à préparer leur insertion dans le monde professionnel.

Quelques portraits de ces jeunes passés par les classes prépas, diplômés et rentrés au pays :

  • Océane Provost, diplômée de Neoma Business School, créatrice de l’agence de communication La Petite Consultante
  • Kelli Mamadou, diplômée de Centrale Marseille et docteure, créatrice d’E-SIMS, pour accompagner la transition énergétique des territoires insulaires
  • Jonathan Pamphile, diplômé de l’école d’ingénieur EFREI, créateur de la box internet Abee
  • Mathieu Meril, diplômé de l’EDHEC, co-fondateur de Siwotaj&Co, entreprise de mobilier d’extérieur de luxe
  • Sébastien Scholastique, diplômé de Toulouse Business School, directeur adjoint de JumboCar Guadeloupe
  • Larry Lamartinière, diplômé de Sciences Po Bordeaux, chargé de mission en relations internationales
  • Syringa Jean-Baptiste, diplômée de l’ESC Montpellier, créatrice de MER3SI, agence de gestion de projets
  • Julian Duplan, diplômé de l’INSA Strasbourg, responsable projets au Grand Port Maritime de la Martinique
  • Tiffany Gassy, diplômée de l’ESC Tours, responsable RH pour les pâtisseries Renée

REZODOM : réseau d’affaires de la jeunesse des Outre-mers

REZODOM a été créé pour les jeunes et par des jeunes afin de créer de l’échange, aider aux rencontres et ainsi permettre le développement de partenariats et l’émergence de projets.

“J’avais envie d’un concept plus ludique, plus convivial et sans formalisme”

Géraldine Pinel-Fereol, à l’origine du concept REZODOM

Les membres du réseau se retrouvent autour de petits-déjeuners, déjeuners et dîners dans différents lieux de l’île (un bon moyen de faire découvrir des restaurateurs locaux et de nouveaux lieux !) à l’occasion de :

Membres du réseau professionnel REZODOM

Des rencontres ponctuelles sont également organisées à Paris et dans d’autres hubs des jeunes d’Outre-mer pour favoriser l’émulation entre les domiens où qu’ils se trouvent.

Si REZODOM permet aux jeunes qui rentrent au pays de se constituer un cercle solide et de développer leurs projets dans les meilleures conditions, le réseau s’investit également dans des initiatives dédiées à l’insertion sociale et professionnelle des jeunes.

JCE : Jeune Chambre Economique

Membres de la Jeune Chambre Economique, qui contribue à faciliter le retour au péyi

La JCE des Antilles-Guyane permettent aux jeunes créatifs et ambitieux de porter des projets citoyens positifs et solutions durables pour leur région.

Différentes équipes se créent pendant chaque mandat de la JCE, afin de donner vie à des initiatives utiles “à la Cité”, dans des thématiques choisies selon ses envies personnelles.

Etre membre de la JCE permet ainsi de développer des compétences complémentaires et de se former par l’action, tout en provoquant la rencontre et l’échange avec d’autres jeunes engagés et divers acteurs de la vie économique et politique de son île.

La JCE “se positionne comme une école de formation par l’action dans laquelle les projets doivent répondre au triptyque suivant : avoir un intérêt pour le membre lui-même, pour l’organisation et pour le territoire.”

Anthony Nobour, président 2018 de la JCE Antilles-Guyane

Aperçu des projets entrepris par la JCE Antilles-Guyane :

JOM : Jeunesse Outre-Mer

JOM se positionne comme le réseau des professionnels d’Outre-Mer.

Son objectif principal : créer et développer des liens entre les différentes associations professionnelles de jeunes ultramarins et développer des partenariats avec les institutions.

Parmi les actions menées, les ateliers RH réguliers et le Forum Pro Jeunesse faisant se rencontrer recruteurs et jeunes ultramarins sont particulièrement destinés à l’emploi et la formation des jeunes ultramarins.

L’association étudie continuellement le marché de l’emploi en Outre-mer afin d’améliorer l’employabilité des jeunes qui souhaitent rentrer chez eux.

Articlés réalisés par JOM
. Priscille Bouboune, témoignage d’un retour au pays
. Pourquoi valoriser l’industrie agro-alimentaire locale et nos produits péyi ?
. Repenser l’insularité, l’exemple de l’énergie


1 événement majeur pour le retour au péyi : la Journée Outre-Mer Développement à Paris

La JOMD est le principal événement professionnel permettant aux jeunes d’Outre-mer vivant en France hexagonale de préparer leur retour au pays, en rencontrant des recruteurs et entreprises à la recherche de talents ultramarins.

« La JOMD m’a permis de rencontrer des chefs d’entreprise venus des régions d’Outre-Mer et de me rendre compte du dynamisme de ces entreprises. »

Jean-Pierre Riga

Au cours de cette journée, conférences, séances de job dating et rencontres avec les réseaux d’Outre-mer s’enchaînent afin d’accélérer les rencontres et de satisfaire les jeunes antillais en recherche d’opportunités professionnelles sur leur territoire.


3 blogs de jeunes rentrés en Martinique

Osez la Martinique

Rentrée en 2018 en Martinique, Gladees met en avant les atouts de l’île afin de séduire ceux qui envisagent le retour.

Toujours dans la même optique, la catégorie “Les Ti’ Carnets de Gladees” du blog regroupe des portraits et témoignages d’autres jeunes ayant sauté le pas pour rentrer en Martinique.

Chill in 972

Régine est également rentrée en Martinique en 2018 et raconte ce retour au pays et la re-découverte de son île sur Chill in 972.

The Martinican Way of Life

Stéphanie a décidé de revenir vivre en Martinique en 2015 et y développe depuis son entreprise de couronnes de fleurs. The Martinican Way of Life est un aperçu de sa vie et de la vie de son entreprise en Martinique.